Ce matin, tentative d’explication du retour raté de Nicolas Sarkozy…

Aussi étrange que cela puisse paraître, on peut établir un parallèle entre l’impopularité abyssale de François Hollande et le ratage du retour de Nicolas Sarkozy. Le président en exercice et l’ex sont frappés d’une sorte de panne qui semble très difficilement réparable. Une panne d’imprimante ! Ça n’imprime plus ! Cette expression est devenue un classique du commentaire politique s’agissant de François Hollande. On peut désormais l’appliquer à Nicolas Sarkozy. Comme s’il y avait un problème de connexion entre l’ordinateur et l’imprimante…une dichotomie entre le discours politique et la réalité vécue ou ressentie (en politique ce n’est pas très différent) par la population. Or, la reprise de parole de Nicolas Sarkozy a rappelé de façon flagrante aux Français la nature de son discours, sa rhétorique, sa dialectique … Après sa traversée du bac à sable (plutôt que du désert), les Français ont retrouvé ce qu’ils avaient éliminé en mai 2012. Et le problème pour Nicolas Sarkozy –exactement comme pour François Hollande aujourd’hui- c’est que sa musique, c’est la musique de l’impuissance publique, du volontarisme qui tourne à vide. Ça ressemble terriblement au Sarkozy pré 2012. C’est-à-dire de l’époque au cours de laquelle il n’a pas inversé la courbe du chômage ni réduit les déficits. Mais surtout , son drame, c’est que tout ce qu’il dit respire la tactique, la stratégie politique. La droitisation depuis le discours de Nice ressemble à un discours de circonstance, un ciblage particulier. Ce ne sont pas de grosses ficelles mais des câbles d’arrimage de tanker. Et à ce moment de ma démonstration, Patrick, vous seriez en droit de me rétorquer :

« Mais Thomas, Sarkozy brigue la tête de l’UMP, il adapte donc son discours… Les militants sont plus radicaux que l’ensemble des électeurs de droite et du centre ! »

Et oui, vous avez raison. C’est l’analyse que l’on fait généralement des revirements de discours. On comprend qu’un homme politique adapte son discours à l’auditoire qu’il veut conquérir. On finit même par trouver ça normal. D’ailleurs, avant de décider de revenir par le biais de l’UMP, Sarkozy préparait son retour sur un mode plus modéré, plus centriste. Logique, puisqu’il se serait agi de séduire les déçus de Hollande. C’est du moins ce qu’il avait confié à des partisans de cette ligne-là, comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais, on serait en droit –dans une démocratie adulte-- de demander aux hommes politiques un truc tout simple : nous dire, non pas ce qu’ils imaginent que le corps électoral qu’ils ciblent veut entendre… mais plutôt ce que eux-mêmes pensent ! Parce qu’une fois que Nicolas Sarkozy sera à la tête de l’UMP…

​il faudra qu’il tienne un tout autre discours pour rassembler la droite et le centre. Il sera beaucoup plus modéré ! Et, du coup, ça laissera de l’espace à Marine Le Pen… donc il faudra qu’il se re-radicalise ! Et ainsi de suite jusqu’à 2017. On risque d’avoir le tournis… Quand il y a une panne de connexion entre l’ordinateur et l’imprimante, ça ne sert à rien de changer la couleur de la cartouche d’encre !

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