La gauche face au risque FN lors des régionales.

Les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte-D’azur peuvent être remportées par le FN. La solution pour que ce ne soit pas le cas est simple : que les listes dirigées par le PS, qui arriveraient en 3eme position, se retirent carrément après le premier tour. Il n’est, bien sûr, pas question que les listes Les Républicains et socialistes fusionnent, entre les deux tours, comme la loi le permet et comme c’est souvent le cas entre listes de gauche qui s’unissent pour arriver en tête, ou au moins bien figurer le deuxième dimanche. LR (les Républicains) et les socialistes sont et restent des adversaires politiques. Il s’agirait plutôt de ce que l’on appelle un Front ou, plus précisément, d’un « désistement Républicain ». La conséquence de ce sacrifice de la gauche serait –rien de moins- que sa disparition complète des deux conseils régionaux en question. Mais ce principe ne peut décemment pas être exprimé par les têtes de liste avant le premier tour, parce ce que ça enlèverait toute combativité aux candidats et militants socialistes en campagne. On ne peut pas exclure, non plus, un sursaut à mesure que l’on approche de l’élection et de la victoire annoncée du FN. Des artistes et des personnalités locales se mobilisent… mais pas forcément pour le PS. Plutôt en faveur du mieux placé pour faire barrage au FN. Et dans ces deux régions, ce sont les listes Les républicains .

Disparaître de 2 conseils régionaux, ce serait un terrible sacrifice pour la gauche.

Etre tenu pour responsable de la victoire du FN dans deux régions ne serait sans doute pas moins terrible pour elle. C’est le cœur du débat, c’est le principal dilemme qui tracasse aussi certains d’électeurs de gauche qui, dans le nord ou en PACA, se demandent à quel point il ne faut pas voter pour Les Républicains , dès le premier tour. Une autre partie de l’électorat de gauche, importante, semble maintenant vaccinée contre la logique du Front Républicain. D’abord parce que les lignes idéologiques ont bougé, au moins en apparence. Même si la nature de l’extrême droite n’a, au fond, pas changé, ce n’est pas la même chose, de choisir entre un Jacques Chirac et un Jean-Marie Le Pen de 2002, et une droite, après 10 ans de Sarkozisme identitaire et sécuritaire, et une Marine Le Pen recentrée (de façon cosmétique peut-être) mais recentrée sur un discours qui se veut républicain-autoritaire, social et souverainiste. Un mélange de fatalisme et de désespérance (envers son camp) semble s’emparer d’une troisième partie de l’électorat de la gauche, la plus populaire sans doute, qui ne se déplacera tout simplement pas, ni au premier, ni au second tour. Se sacrifier et disparaître ou se maintenir et risquer de faire élire le FN, voilà qui a tout de l’alternative terrible qui échoit au gorille de Brassens « violer un juge ou une ancêtre ? ». Le pire, pour le PS agonisant (et dans l’état actuel des sondages), c’est que, dans le Nord, du moins, même le sacrifice de la gauche ne garantit pas d'empêcher Marine Le Pen de prendre la tête de la région.

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