En attendant Dominique De Villepin à ce micro à 8h20, vous vous intéressez ce matin à la diplomatie dans la primaire de la droite et du centre...

Par Frédéric Métézeau.

Des questions éclipsées par l'identité heureuse ou gauloise, la place de François Bayrou ou le prix des pains au chocolat, reléguées à l'arrière-plan avec l'environnement, la santé, la culture ou la construction européenne... Alors prenons le plus gros dossier : la Syrie...

Alain Juppé est le plus ferme avec Bachar El Assad et Vladimir Poutine, il parle d'un "génocide" à Alep quand François Fillon défenseur inconditionnel de Poutine se refuse à parler de "crimes de guerre" avec en toile de fond la question des chrétiens d'Orient dont Poutine serait le protecteur, question essentielle aussi pour Jean-Frédéric Poisson qui a rencontré Bachar El Assad à Damas...

Nicolas Sarkozy, lui, fixe sa ligne en réaction à celle de François Hollande, il l'accuse d'avoir méprisé Poutine qui ne comprendrait que la force, pour lui "Assad n'est pas l'avenir de la Syrie mais il ne faut pas refaire la même erreur qu'avec Saddam Hussein".

Quant à Bruno Le Maire, proche collaborateur de Dominique de Villepin lors du discours de New-York, il propose 13 ans après une intervention internationale au sol en Syrie avec des soldats occidentaux, il est le plus ferme à dénoncer un double-jeu de l'Arabie Saoudite ou du Qatar avec les islamistes... Comme Jean-François Copé...

Mais même quand il s'agit de diplomatie, on en revient aux querelles plus politiciennes, plus personnelles ?

Car la diplomatie c'est le domaine réservé du Président... Et face à des Poutine, Erdogan, Netanyahu, face à un Iran chiite revenue dans le jeu international, face aux monarchies sunnites gazières et pétrolières et parfois religieuses, les sarkozystes vous expliquent "qu'il faut un homme fort" comprenez pas un mou ; Les juppéistes vous répondent que face à la force, la force ne suffit pas et qu'il faut de la stabilité et "de la cohérence dans le temps" comprenez pas une girouette ; Les lemairistes refusent une France "sous influence" comprenez pas un conférencier payé par le Qatar ou bien un autre aveuglé par Vladimir Poutine...

Aujourd'hui la politique étrangère est aussi une affaire intérieure : la lutte anti-terroriste, les réfugiés, l'économie et le commerce (voyez le CETA et le TAFTA)... Les choses peuvent encore évoluer avec l'élection américaine, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé disent bien connaitre Hillary Clinton qui était aux affaires en même temps qu'eux "mais Juppé peut lui parler directement en anglais" persifle un juppéiste...

Dont acte. Mais imaginez que Donald Trump soit élu dans une semaine... Aucun candidat français même sachant parler anglais, ne sait à quoi s'en tenir...

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