Nicolas Sarkozy reçoit sa majorité parlementaire ce soir à l'Elysée, ça grogne du côté des députés UMP. Il y a de « l'explication de gravure » en perspective. ça grince, ça tousse, ça chouine, ça râle et ça renâcle dans la majorité ! Et pour toute réponse à la révolte, et bien Nicolas Sarkozy renvoit pour l'instant sèchement les siens dans leurs cordes ! Ce soir, le président a bien l'intention de leur rappeler qu'il n'y a qu'un chef, Lui. François Fillon est prié d'assister silencieusement à l'explication de gravure, et que godillots les parlementaires sont, godillots, il serait bon qu'ils restassent ! Autant vous dire qu'ils ont surtout intérêt à être plus assidus à la séance de ce soir, qu'ils ne l'ont été aux journées parlementaires de Strasbourg ! Alors, a-t-on jamais vu ça, une telle majorité qui 4 mois seulement après l'élection présidentielle, grince, chouine, râle et renâcle ? Ces derniers jours, ce sont des fuites dans la presse évoquant la poursuite de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy - pourquoi pas Lang et Dray au gouvernement et Charasse au conseil constitutionnel - qui ont provoqué une nouvelle poussée de fièvre. Un chiraquien historique, le président du groupe UMP au sénat, Josselin de Rohan, a pris la tête de la fronde jugeant que "l'oeucuménisme avait ses limites." Au sénat toujours, la contestation de l'amendement ADN par d'éminents élus UMP, et l'obstination du gouvernement à ne pas vouloir perdre la face sur cette histoire, finit par tourner à la jacquerie. Les sénateurs en dangereux rebelles, on aura tout vu ! Enfin, la réforme promise des institutions provoque déjà l'ire des UMP, qui n'acceptent ni l'idée d'une dose de proportionnelle, ni la modification du 49.3, ni une présidentialisation accrue du régime, eux qui ne rêvent que d'un rééquilibrage en leur faveur ! Et puis, en dehors de ces points de crispation visibles, il y a tout le reste. Des députés dépités par un ordre du jour en ce début de session ordinaire qu'ils jugent "piteux et indigent", des élus souvent candidats aux municipales qui estiment que le paquet fiscal, les lois sur la récidive votés en juillet, c'est parfait, mais que sur le terrain, les électeurs ne voient toujours pas les changements promis, encore moins "la rupture". En réalité, analyse un député UMP, "on a tous voulu croire que Sarkozy était le messie, et puis là, on se rend compte qu'il ne fait pas mieux que les autres, et pas plus vite". Franchement, le comble, demander à Nicolas Sarkozy d'aller plus vite ! L'intéressé ne semble guère apprécier le conseil. Quelques élus auraient encore les tympans fragilisés par un fort explicite savon présidentiel et dans son entourage, on moque le "spleen de riches", de ces députés dit-on, qui doivent tout, et surtout leur réélection à Sarko et qui aujourd'hui jouent les impatients ! Ce soir, le président devrait donc leur rappeler à tous, qu'il est le seul chef, et qu'il a bien l'intention de continuer à faire exactement ce qu'il veut - notamment en matière d'ouverture ou de réforme des institutions. Avec une limite néanmoins, pour voter une réforme constitutionnelle, il faut les 3/5ème des voix du parlement. C'est-à-dire les voix de sa majorité plus quelques-unes au centre et à gauche. Une grosse colère et un acte d'autorité sur son premier ministre et sur les parlementaires ce soir ne sauraient suffire à Nicolas Sarkozy pour convaincre tout ce beau monde de mettre un plus de coeur à l'ouvrage. Hier, un député UMP mettait en garde l'Elysée contre "la solidarité des laissez pour compte" - à mots couverts, une éventuelle coalition majorité/premier ministre contre le président ! Imaginez l'affaire ! On en n'est franchement pas là, mais ça, ce serait de la "rupture" dans l'histoire de la Vème !

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