Le PS, à son tour, rend public les termes de l’organisation de la primaire qui aura lieu en janvier prochain.

Le PS, à son tour, rend public les termes de l’organisation de la primaire qui aura lieu en janvier prochain.

Et elle sera organisée selon un procédé tout à fait comparable à celle de la droite qui, elle-même, a été montée (à peu de choses près) selon le modèle de la première primaire ouverte organisée en France, celle des socialistes en 2011. Il y aura donc pour les 2 primaires ouvertes quelque 10.000 bureaux de vote (pour l’instant 8000 pour le PS mais ça devrait monter), répartis à travers la France. Rappelons que pour une élection nationale normale, il y a 75.000 bureaux de vote. Cette pré-sélection ouverte devient donc la norme pour les partis de gouvernement ou pour ceux qui y sont associés comme les écologistes, même si avec ses probables 15.000 votants, la primaire d’EELV reste une consultation confidentielle. La grande nouveauté que va instituer la primaire des socialistes cette année marque une rupture avec l’esprit de la Vème République. Puisque cette primaire intègre potentiellement la candidature d’un président sortant ! Cette rupture n’est pas mue par un souci de modernisation, qui consisterait à vouloir désacraliser le président en tant qu’institution… non c’est simplement le résultat politique logique de l’extrême affaiblissement de François Hollande. La question qui se posait aux prédécesseurs de François Hollande, au moment de se représenter, était de savoir comment rester sur le pied d’estale présidentiel, pour en garder le prestige, tout en faisant une campagne efficace, qui nécessite toujours un peu de descendre au niveau des chiffonniers. D’ailleurs seuls F.Mitterrand et J.Chirac, en situation avantageuse de chefs d’Etat opposants en cohabitation, ont réussi leur passage de la stratosphère présidentielle à l’atmosphère d’une campagne dans laquelle (gravitation oblige) la possibilité de chute est fortes.

Un président peut-il y survivre politiquement dans l’atmosphère d’une primaire partisane…?

On ne sait pas, ce serait une première. Mais la particularité de François Hollande, c’est qu’il n’est plus vraiment, aux yeux des Français, dans la stratosphère présidentielle. Ce n’est pas simplement dû à son bilan ou sa manière d’incarner la fonction. En fait, depuis 2007, être président de la République ne signifie plus être au-dessus, dans une position olympienne, arbitrale. On accuse beaucoup les 2 derniers présidents (Sarkozy et Hollande) d’avoir trivialisé la fonction, d’être des « présidents selfies » comme dit Patrick Buisson. Mais en réalité, la perte de pouvoir économique, la mondialisation, l’exigence de transparence manifestée par les réseaux sociaux et le tout-info, ont désacralisé les présidents, déconnecté leur parole forcément volontariste de leur action plus contrainte que jamais. François Hollande, au niveau de défiance où il se trouve, ne peut plus être rabaissé par une primaire de son camp. En revanche il en est à se dire qu’il peut profiter de la comparaison avec les autres candidats de gauche pour retrouver une certaine aura. Au total, quand même, l’étude objective des rapports de force, la possibilité très hypothétique de l’emporter, poussent à croire François Hollande quand il dit qu’il n’a pas encore pris sa décision. Le fait est qu’il est encore très loin d’être en mesure d’être candidat.

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