Rentrée pour tout le monde, la preuve, même nous à Inter ! C'est un signe ! Mais c'est surtout, effectivement, la rentrée politique. Qui peut ignorer que Nicolas Sarkozy est là ? Réactions à chaud sur les faits divers. Installation de commissions et missions distribuées à tour de bras et au gré de l'actualité, discours sur sa politique étrangère, discours devant le Medef et même passage éclair dans un supermarché. On l'a déjà vu sur tous les fronts. Le président a repris le rythme. A gauche, c'est fait aussi. A la Rochelle ce week end, on a vu une Ségolène Royal, apaisée, apaisante, qui tergiverse encore pour savoir si elle veut, peut, a envie, de prendre le PS, mais enfin, qui était là, prête à engager sa re présidentialisation. François Hollande, égal à lui-même dans l'humour et la stratégie compliquée, promettant qu'il faut tout changer, mais qui se garde bien de changer quoi que ce soit. Si, peut-être lui-même, c'est sa grande ambition, dans l'espoir d'ici 2 ans, d'apparaître comme un homme nouveau. Bertrand Delanoé, vrai tribun et faux modeste, est en campagne. Et puis, même ceux qui n'étaient pas là sont tout de même rentrés ! DSK court le monde pour ne pas rater son nouveau job au FMI. Mais ses amis, convaincus qu'ils ont gagné sur la ligne politique, gardent la maison. Les "rénégats" aussi sont présents, au moins dans les livres. D'ailleurs, la verve littéraire socialiste n'est pas près de se tarir. D'ici quelques semaines, Julien Dray va publier, "Règlements de compte", et Patrick Menucci "Ma candidate". Vous le voyez, la rentrée éditoriale socialiste est assurée ! Bref tout le monde est là. Et il y en a un qui a attendu ce matin. C'est François Fillon, le premier ministre, qui fait sa rentrée sur France Inter à 8H20. Et ça tombe bien ! On avait laissé en juin, un premier ministre asphyxié par l'activisme présidentiel, et la médiatisation déjà, d'un certain nombre de personnalités à l'Elysée - ça ne s'est pas arrangé ! Hier, rien qu'hier par exemple, la rentrée médiatique de Claude Guéant dans une émission politique radio/télé n'est ni plus ni moins qu'un soufflet institutionnel pour François Fillon. Claude Guéant, avec autour du secrétaire général de l'Elysée sur le plateau, le gratin du gouvernement - est-ce vraiment sa place ? - a répété ce que tout le monde admet désormais, mais qui reste une incongruité constitutionnelle : "Le président "gouverne" a-t-il dit". Mais alors que fait le premier ministre ? Il a expliqué quels avaient été le rôle et l'ambition de Nicolas Sarkozy dans le dossier GDF-Suez. Exit Matignon. Il a ramené l'hypothèse de la TVA sociale au rang de "pistes parmi d'autres". Que reste-t-il ce matin à annoncer à François Fillon ? Il a défini clairement le rôle de Cécilia Sarkozy dans la libération des infirmières bulgares. Il faut dire que c'est le mieux placé. Et puis il s'est même permis de corriger politiquement la nouvelle bévue de la ministre de l'économie, Christine Lagarde, qui annonçait un plan de rigueur pour la fonction publique : il a préféré un plan de revalorisation. Mais est-ce vraiment à lui de recadrer les ministres ? Bref, on a hâte ce matin d'entendre François Fillon. Quel est le rôle, l'autonomie, la latitude du premier ministre. "Collaborateur" du président, comme Nicolas Sarkozy l'a lui même qualifié ou acteur encore de la politique mise en oeuvre ? Vous savez quoi ? En fait, on attend de François Fillon, un acte de rébellion, personnel ou institutionnel qu'importe, mais un acte d'affirmation politique. Peut-être dans quelques minutes sur France Inter...

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