N.Sarkozy a posté hier, sur sa page Facebook, une supplique aux responsables de son parti : qu’ils cessent d’être obsédés par la primaire !

Oui, N.Sarkozy prononce des mots de rassemblement et d’unité…Sous-entendu, derrière le chef. Normal dans un parti gaulliste ! Et c’est ça le sujet ! LR est encore un parti gaulliste. Mais vous savez, et il faut maintenant s’y résoudre : le Général est mort ! Or le gaullisme, dans le cadre de la Ve République, c’est la rencontre entre un homme et le peuple. Le problème, c’est qu’à LR…ils ne savent pas encore quel homme (ou quelle femme). En attendant, du point de vue des solutions concrètes, le gaullisme c’est très vague, une « certaine idée de la France » certes, un État fort. Qu’est-ce que ça veut dire pour résorber le chômage en 2015 par exemple ? Le gaullisme (dans sa période de paix) a été inventé pour un pays avec des frontières, une monnaie, un plan quinquennal. Une époque où le président pouvait décider de quitter l’Otan le lundi et de fixer le prix du pain le mardi ! Une époque où l’exécutif avait vraiment les manettes en mains. Il pouvait d’ailleurs ne pas respecter ses promesses puisque les Français ne l’avaient pas élu sur son programme mais sur sa personne (confère la Guerre d’Algérie). Une personne qui avait quand même sauvé la France 18 ans plus tôt.

Bref le gaullisme, dites-vous, est dépassé.

C’est plutôt qu’on ne peut pas savoir ce que ça veut dire sinon de se placer dans la lignée d’un grand homme ! Le gaullisme, c’est une forme de personnalisme adapté à une époque qui réclamait un pouvoir vertical et centralisé. Sarkozy, Juppé, Fillon, Lemaire…NKM ! Gaullistes, dans un monde ouvert, interconnecté, c’est aussi raccord à notre époque qu’un commissaire au plan, un ministre de l’Information ou un douanier entre la France et l’Allemagne ! Surtout, être gaulliste aujourd’hui (et vouloir être président) c’est se considérer comme naturellement au-dessus du lot, homme ou femme providentiel (le), choisis par l’histoire, confirmer par le peuple. Ça fait beaucoup pour une génération politique à qui l’histoire (et heureusement) n’a pas demandé de choisir entre la résistance ou la collaboration mais entre la TVA sociale ou pas, le Oui ou le Non au traité européen ou au Mariage Pour Tous. Pour faire le tri dans les hommes, ça n’aide pas ! Mais revenons à la demande de N.Sarkozy : il reproche aux candidats à la primaire de se différencier par des programmes, alors que le parti est en pleine élaboration du sien, qui devra servir de référent aux candidats. Cette idée (pour le coup pas gaullienne du tout, puisque issue de la logique des partis), cette idée est l’assurance d’une primaire ratée, puisque c’est l’assurance, non pas d’une compétition de programme, mais d’un combat de personnes…Et (pour ne rien arranger) de personnes qui invoquent tous le Général de Gaulle ! Mais, rassurez-vous, en dépit des appels à l’unité de N.Sarkozy, chacun va continuer à publier ses livres programmes, à donner son avis, à faire ses tournées…Et nous aurons peut-être (regardez sur l’éducation, par exemple avec le livre d’Alain Juppé) un vrai débat d’idées pendant la primaire.

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