Ce ne sera donc pas Daniel Cohn-Bendit...

Dommage parce que comme il vient dans ce studio ce matin... il aurait pu nous réserver l’exclusivité de sa démission ! Parce que Daniel Cohn-Bendit n’est pas fait pour être ministre... son charme réside dans sa liberté de parole... et celle-ci s’accommoderait assez mal de la nécessaire discipline gouvernementale (au 1e rAquarius refusé) et d’une maitrise, disons technocratique minimale, des dossiers. Ce constat n’est pas politique, juste une lucidité basique en matière de casting gouvernemental raisonnable. Dany l’écolo-libéral reste une figure importante pour la sphère gauche de l’électorat macronien. Et il ne se gêne pas pour faire sa liste de courses, publiquement. Il conseille au président de nommer Pascal Canfin, l’actuel patron de WWF-France, ou Laurence Tubiana, représentante de la France lors de la COP21 en 2015. Deux personnalités classées à gauche, et surtout qualifiées, pour traiter du fond et du détail financier des dossiers (plus que Nicolas Hulot). Ils n’auraient pas, contrairement à leur prédécesseur, d’autre envergure politique que l’intitulé de leur poste pour peser sur les choix mais leurs compétences permettraient de faire –au moins- avancer utilement les chantiers mis en place par Nicolas Hulot.... Autre particularité de ces deux-là (et qui, pour le coup, pourrait rassurer le président) : contrairement à Hulot, ils pensent que la transition écologique peut (et même doit) se réaliser dans le cadre de l’économie de marché et sans dérapages budgétaires. L’Elysée  étudie leur cas... mais pour Pascal Canfin au moins, il semble y avoir une incompatibilité politique avec le ministre délégué issue de LR, Sébastien Lecornu. Ce dernier ou l’actuelle secrétaire d’Etat à l’écologie, Brune Poirson, ou encore le président de l’Assemblée François de Rugy,  sont aussi cités, préférés par le 1er ministre, partisan d’une transition écologique à tous petits pas… 

Cette crise politique arrive à un moment où la magie macronienne s’est évanouie…

Et ce serait justement l’occasion de tenter de faire de cet accident politique une opportunité. Il n’y pas de remplaçants de la carrure charismatique de Nicolas Hulot... Emmanuel Macron pourrait profiter de ce moment pour accompagner sa nomination (pour peu qu’elle soit crédible) d’un discours et d’engagements ambitieux, plus ambitieux sur la transition écologique, notamment sur la question agricole. Le Macronisme est en panne d’inspiration et de but... Alors qu’en Europe, les leaders populistes défient le président français, alors que celui-ci accepte ce défi et continue à se proclamer progressiste, alors qu’on ne perçoit pas quel est le réel contenu de ce progressisme, l’écologie pourrait offrir un but, à la fois utile et populaire, fournir un cap au «Enmarchisme» qui, désormais, avance à tâtons, à l’aveugle, quand ce n’est pas à reculons. Au-delà de la personnalité retenue, la seule question qui vaille, finalement c’est : Le président compte-t-il montrer qu’il a compris le message d’urgence, très politique, adressé à tout le pays par Nicolas Hulot, ou veut-il juste régler une histoire de casting gouvernemental ? Personne ne le sait... si ce n’est peut-être Daniel Cohn-Bendit lui-même... qui a rencontré Emmanuel Macron hier soir.

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