**A treize mois de l’élection présidentielle, les grandes orientations de chaque camp commencent à se mettre en place !Oui, même si ça commence par une bizarrerie, puisque la logique voudrait que l’on ait un président sortant s’appuyant sur son bilan, s’apprêtant à demander aux électeurs de ne pas changer de capitaine au milieu de la tempête. Pourquoi s’aventurer avec un novice alors que le monde est en ébullition quand il n’est pas en fusion ? Mais il n’en est rien, au contraire. A à peine plus d’un an de l’élection, le président sortant, plus sortant que jamais, est contesté jusqu’au cœur de sa majorité. Ses orientations pour 2012, Nicolas Sarkozy les répète à ceux qu’il rencontre : droitisation du discours et des projets pour pouvoir puiser, pendant la campagne, dans le seul électorat de réserve de l’UMP, celui du FN et des abstentionnistes. Il s’agit, en fait, de mobiliser la partie de l’électorat populaire et l’électorat âgé qui lui avait donné la victoire en 2007. La bizarrerie c’est aussi que les candidats de l’opposition qui se présentent, ou sont en passe de se présenter, ont des allures plus présidentielles que le président sortant. Mais sur le plan programmatique, les choses se mettent en place, on sait donc d’où Nicolas Sarkozy fera campagne. Et on commence à le savoir pour le PS. Depuis plusieurs mois, un débat type « la poule et l’œuf » agitait les socialistes. Fallait-il avancer la primaire ? Fallait-il avoir un candidat avant d’avoir un programme ou le contraire ? François Hollande ou Ségolène Royal militaient pour hâter le choix de l’homme ou de la femme pour 2012 afin que l’alternance soit incarnée. François Hollande a même, la semaine dernière, présenté sa candidature en expliquant qu’à un moment, il fallait que les idées soient « incarnées »… toujours ce mot. Mais Martine Aubry, qui, visiblement roule pour un candidat qui n’a pas encore le droit de le dire avant juin, expliquait (nécessité fait loi) qu’il faut d’abord un programme avant d’avoir le candidat. Donc le programme précède le candidat. L’œuf avant la poule. Il sera entièrement rendu public demain même si l’on en connaît déjà les grandes lignes. Cela dit, on sait ce que font les candidats à la présidentielle des programmes de leur parti...C’est vrai, dans notre système où le président est élu directement sur son nom, l’incarnation (encore elle) d’un programme est presqu’aussi importante que le programme lui-même. Mais ce projet que présentent les socialistes est clairement hollando-strauss-kahnien compatible : Ce n’est pas un programme de type « grand soir social » même s’il offre quelques vrais morceaux de vraie de gauche, réforme fiscale avec plus de progressivité, réformes symboliques, comme le plafonnement des salaires des patrons dans les sociétés dans lesquelles l’Etat détient une participation. Le candidat mettra certainement le projet à sa sauce mais, quoi qu’il en soit, il n’y a plus d’argent dans les caisses et le principal partenaire du PS n’étant plus à sa gauche mais écologiste, la surenchère pour un projet de gouvernement n’est plus sociale mais environnementale, ce qui le rend, du même coup, plus acceptable pour les électeurs centristes en déshérence. Nous assistons en ce moment à une sorte de précipité chimique. Un candidat UMP très à droite, un programme socialiste plutôt centre-gauche. Les autres candidats devront se glisser dans les interstices ou les trous béants de cette nouvelle disposition pour espérer exister et prospérer.**

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