C'était le thème d'un débat organisé hier soir par le journal "Le Monde". Non, ne rêvons pas, pas de réponse des orateurs apportée à la fin de la soirée sur le thème, "pour sortir de l'impasse, c'est par là, la première à gauche"! Pas de réponse donc, mais des invités et des interpellations qui au final, reflètent la diversité de la gauche française aujourd'hui. Vous noterez au passage, l'intitulé un brin vachard du thème retenu, "l'impasse, l'impasse". Mais c'est, bien sûr, le titre du livre de Lionel Jospin dédié à la défaite de Ségolène Royal ! Alors en guest star justement, Ségolène Royal, venue défendre son livre sur l'estrade du théâtre du Rond Point, mais qui a refusé de débattre avec ses petits camarades. La démocratie participative, elle aime le concept, un peu moins la pratique. Alors que préconise l'ex candidate pour sortir de l'impasse ? C'est en analysant ce qu'elle considère comme les causes de sa défaite, qu'elle livre évidemment ses clefs pour une éventuelle rénovation. Ce qui l'a fait perdre ? Le manque de discipline du parti. La frilosité du PS à devoir trancher certaines questions, sur l'identité nationale, la liberté de choix de son école, la valeur travail qui en ont fait hurler certains à gauche, mais qui ont été récupérés par le candidat de la droite. Aujourd'hui, elle n'en démord pas. La gauche doit mettre en place des sécurités collectives pour donner droit aux choix individuels. Ségolène Royal récuse tout glissement du PS vers la droite, et refuse d'ailleurs d'user du terme de "social-démocratie", mais elle défend comme identité, l'alliance de deux contraires : la radicalité sur certains sujets, radicalité dans la lutte contre les franchises médicales ou la défense des services publics, et le compromis social en revanche sur d'autres, les régimes spéciaux de retraite par exemple. Elle parle aussi de "convergence d'efficacité" pour aller vers d'autres étapes, sur le mini traité européen notamment. "Je n'entends pas choisir entre Bayrou et Besancenot ou Bové" explique celle qui refuse d'être enfermée dans son face à face avec le candidat centriste. Le PS doit devenir, comme la gauche italienne, une force centrale capable de dépassement de soi, qui attirerait à lui, selon les sujets, le centre, l'altermondialisme ou l'extrême gauche. Pour lui répondre un peu plus tard, l'extrême gauche justement en la personne d'Alain Krivine. "Franchement, dit-il aux socialistes, qu'est-ce qui oppose aujourd'hui le PS à Sarko ? Entre la droite et vous, ce n'est plus qu'un dégradé. Toi Valls, lance-t-il au député de l'Essonne, t'es juste à la limite, t'as pas franchi le rubicon en allant au gouvernement, mais sinon ?". Krivine convaincu que le PS français est en train de se libéraliser à son tour, comme toute la gauche européenne avant lui. "Continuez avec votre congrès, vos élections, et vos machins, vous n'intéressez plus personne,"dit-il aux socialistes. Réponse du sieur Manuel Valls interpellé, "je veux que le PS en finisse avec son surmoi marxiste", et, la culpabilité que l'extrême gauche veut continuer à faire peser sur lui. Zaki Laidi, chercheur en sciences politiques, lui vient en aide, "En dehors de Castro et Chavez, vous connaissez un autre modèle économique ?" Oui, le PS français doit s'adapter au monde qui change. Identité, alliances, surmoi marxiste, radicalité et compromis social... pas de réponse simple ni simpliste c'est vrai hier, mais confrontations de gens qui réfléchissent et s'interrogent, loin des simagrés habituelles du bestiaire ordinaire du PS, loin des lionceaux, éléphants et autres mammouths. On n'était pas dans la zoologie hier, mais dans la réflexion politique. Un peu d'air frais quoi.

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