Publicité à la télévision publique, travail le dimanche... Des sujets sur lesquels le débat le plus audible se déroule surtout au sein même de la majorité. C’est vrai qu’on avait mis l’absence de parole forte du PS dans les débats qui agitent le monde politique, sur le compte du congrès. Les socialistes étaient autocentrés, perdus pour la cause de l’opposition pendant les semaines de préparation de Reims. Reims est passé - comme un ouragan sur les socialistes - on en est encore à essuyer le sang sur les murs - mais finalement, est-ce que l’atonie des socialistes ne vient pas  plutôt du fait que Nicolas Sarkozy a réussi (l’a-t-il fait expert, c’est à voir) mais il a réussi à faire en sorte que sur la plupart des sujets, le vrai rapport de forces se discutent au sein de la majorité ? Ces derniers jours, on peut ajouter au travail du dimanche et à la pub à France Télévision, le logement ! Martin Hirsch chargé de la solidarité active, a publié une tribune dans "Le Monde" daté d’hier. Il y propose, de façon à peine voilée, l’exact contraire de ce que fait Christine Boutin. On se souvient que l’affaire du fichier Edwige n’a commencé à être un débat digne des unes de journaux que quand Hervé Morin, ministre de la défense, a critiqué le projet de sa collègue de l’intérieur. Est-ce que la création du parti de Jean-Marie Bockel fait parti de ce plan d’occupation du débat politique ? Officiellement oui mais en réalité ce nouveau parti, qui n’a réussi à attirer aucun autre ministre d’ouverture, ne participe pas du tout au débat. Jean-Marie Bockel n’a jamais émis aucune réserve sur aucun projet qu’il aurait jugé trop a droite. Il a accepté l’enterrement de la réforme de la FrançAfrique, il a accepté sa rétrogradation au ministère des anciens combattants. Aujourd’hui, il voudrait être l’incarnation du sarkozysme de gauche ! Mais, pour prendre l’exemple historique des gaullistes de gauche, disons qu’il est à René Capitan ce que Jennifer, de la StarAc’, est à Edith Piaf. Gauche moderne, le parti de Jean-Marie Bockel n’a qu’une utilité : grappiller, 0,2 ; 0,3% aux élections locales et maintenir Mulhouse dans le giron de l’UMP. Ce nouveau parti est un peu comme ces faux pays faussement indépendants créés par l’Afrique du sud : c’est le Swasiland de l’UMP ! Non, La vraie sensation de débat vient du nouveau centre, de Martin Hirsch ou de quelques altercations sociétales entre Christine Boutin et Fadella Amara, des recadrages quasi-quotidiens que subissent Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie. Ça ne fait pas un débat démocratique, c’est parfois cacophonique mais ça ne donne plutôt l’impression d’un système qui génère ses propres équilibres. Et finalement, c’est plus confortable pour le Président, parce que lorsqu’il tranche, l’ordre règne jusqu'à la prochaine bévue, qui, il est vrai, ne tarde jamais à venir. Mais quand une controverse secoue son gouvernement, vous remarquerez qu’il finit souvent par donner raison au ministre qui défendait la position la moins droitière, histoire de manier le contre-emploi et donc d’embrasser le plus large spectre droite/gauche possible. Le PS qui, sur tous ces sujets a pourtant des arguments, n’arrive pas à s’affirmer dans les débats successifs qui apparaissent et disparaissent au rythme, non plus parlementaire ou administratif, mais au rythme médiatique. Nicolas Sarkozy est le premier Président, finalement, à s’être plié aux exigences voraces de l’histoire quotidienne et trépidante telle qu’elle est racontée par les chaînes tout info et Internet. Pour suivre le rythme, il faut être au cœur de la machine à fabriquer les débats. Il faut être le plus près possible de l’Elysée. C’est donc une structure hyper réactive que doit maintenant mettre en place Martine Aubry si elle veut que le PS quitte son chaos rémois. L’idée qui court au PS en ce moment de former un shadow cabinet, une sorte de contre gouvernement (comme le font les anglais) est une idée qui pourrait, de ce point de vue, être une adaptation efficace aux nouvelles exigences du débat politique d’aujourd’hui.  

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