Hasard ou opportunisme? Alors que Nicolas Sarkozy baisse dans les sondages, ses opposants donnent de la voix... Chaque acte présidentiel provoque toutes leurs critiques, Hélène... Et comme il y a une "amicale des boulistes", un "club des joueurs d'échecs" ou une "fraternité des cruciverbistes", il existe aujourd'hui une triplette des "meilleurs ennemis" de Nicolas Sarkozy. Ce qui soude et motive ces 3 compères, c'est leur anti sarkozysme viscéral...certains diront "primaire"... Ces 3 -là, Jean Louis Debré, François Bayrou, Dominique de Villepin ne passent rien à Nicolas Sarkozy... Ni ce qu'il est, ni ce qu'il fait. Ni ce qu'il a promis, ni ce qu'il trahit. Même l'annonce de son mariage a été l'occasion pour eux de dire en quelle piètre estime il le tenait. Jean Louis Debré, président du conseil constitutionnel l'a invité à "faire preuve d'une certaine retenue" , il y a des voeux plus chaleureux... François Bayrou, président du Modem a fustigé "l'étalage et l'utilisation de la vie privée visant à détourner l'attention de l'essentiel vers l'accessoire"... Il aurait voulu qualifier le mariage présidentiel de mariage blanc qu'il ne s'y serait pas pris autrement! Alors, chacun à sa place, avec un dessein différent, et ses limites aussi, chacun a fait de la dénonciation de l'actuel président, l'alpha et l'oméga de son propre engagement. Jean Louis Debré, à l'abri dans l'antre de son conseil constitutionnel, où il fut nommé avant son départ par un Jacques Chirac reconnaissant, n'en finit pas de regretter la "dé-sacralisation" de la fonction présidentielle dont il juge coupable Nicolas Sarkozy. En privé il se moque d'une personnalité erratique, nerveuse, attirée par les attributs du pouvoir... En public, il dénoncait hier jusqu'à la façon d'exercer cette présidence, regrettant notamment la médiatisation des collaborateurs de l'élysée, dérive du système américain disait il, " ce n'est pas notre tradition, ce ne sont pas nos institutions". Le secrétaire général de l'élysée, Claude Guéant, a eu vite fait hier de lui rappeler son propre devoir de réserve du à son fonction, mais tout est dit. Pour Jean Louis Debré, comme pour le noyau dur des gaullo-chiraquiens, au fond, Nicolas Sarkozy reste illégitime à perpétuer l'esprit de la droite française... François Bayrou, lui, a fait depuis des mois de l'actuel président, son point fixe de contestation absolue. La domination de Nicolas Sarkozy aux puissances de l'argent, ses promesses et leur trahison, la dérive monarchique de la présidence, ses atteintes au principe de laicité, la gabégie financière et son actuelle impuissance à régler le problème du pouvoir d'achat...tout y passe, et rien ne passe pour le président du modem. Qu'importe qu'il soit seul, et de plus en plus seul, l'explosion de sa liste municipale à Lyon ce week end, en dit long sur ses difficultés, François Bayrou existe dans et par sa critique du sarkozysme. Dominique de Villepin enfin, qui lors de la promotion de son dernier livre "Hôtel de l'insomnie", jamais, bien sûr, ne prononce le nom présidentiel, mais qui partout vante les mérites de la "sérénité et de l'intériorité", regrette que la politique soit un rétrecissement comme pour mieux dessiner le portrait d'un homme agité, sans envergure humaine et à l'action vaine. Sa limite bien sûr, est d'avoir cru lui aussi sans doute un jour qu'il pourrait incarner d'une plus belle façon la fonction. Cette triplette-là offre des procureurs de talent, qu'on entend évidemment d'autant mieux que le président est aujourd'hui en difficulté. Elle n'a qu'un défaut cette triplette, c'est qu'elle n'offre guère d'alternative, mais après tout l'amicale des boulistes, c'est pas fait pour ça!

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.