Loi famille dans laquelle il y avait certaines dispositions sur le statut du beau parent, sur l’aide sociale à l’enfance, sur l’accouchement sous X... Elles seront, abandonnées ou recasées dans d’autres lois. Mais dans la loi famille il n’y avait ni la GPA, ni la PMA ! Le gouvernement arrive donc à reculer sur un sujet qu’il ne présentait pas ! J’ai cherché, je crois que c’est une première ! Promis Patrick, je vous rendrais les 200 euros que vous ne m’avez pas prêtés... juste pour que vous arrêtiez de me les réclamer tous les matins ! Le gouvernement est dans cette situation d’aveux de faiblesse. En réalité la décision sage, celle de refuser que la procréation médicalement assistée soit débattue au parlement, a été prise lors du débat du printemps dernier sur le mariage pour tous. Plusieurs députés socialistes et écologistes avaient prévu de déposer des amendements PMA. Le gouvernement s’y était déjà opposé après moult couacs. Pendant la campagne présidentielle, ces questions n’étaient pas au cœur des débats. Il s’agit de respecter l’évolution de la société. Le mieux c’est que les réformes de société ne précédent pas leur acceptation par l’opinion, sauf (comme ce fut le cas pour l’abolition de la peine de mort) s’il y a eu un engagement claire de la part d’un candidat élu malgré cela.Et la société n’accepte pas encore la Procréation médicalement assistée ? Le terme même de PMA n’était pas connu du grand public avant les débats du printemps dernier. Et même aujourd’hui, il n’est pas certain que la majeure partie de nos concitoyens sachent exactement ce que cela représente. Le mariage homosexuel et même l’adoption sont des notions débattues depuis longtemps dans la société. L’opinion est partagée sur ces questions mais le candidat Hollande s’était clairement prononcé en faveur de ces mesures pendant sa campagne et il a été élu. Il était donc légitime de les faire voter et de ne pas céder aux pressions de la rue. En revanche, on ne connaît pas le fond de la pensée présidentielle sur la PMA. Seulement, en expliquant, il y a quelques jours, que les éventuels amendements sur la PMA seraient bien sur examinés et que le parlement était souverain, le président ne croyait rien dire d’extraordinaire ! Et d’ailleurs en droit pur, en mécanique parlementaire il ne disait rien de bouleversant. Mais en terme politique il commettait une formidable imprudence. François Hollande ne semblait pas vouloir trancher. Dans la Vème République il faut que le président dise ce en quoi il croit. Et il y a encore trop de domaine pour lesquels on ne sait pas quelle est la conviction profonde de François Hollande ! Sa volonté de ne pas brusquer la société de ne pas être péremptoire et cassant est mal exprimée et ressemble à de la faiblesse ou du calcul cynique. Maintenant la majorité se retrouve dans une étrange situation : Le mariage homosexuel et l’adoption sont votés, la société l’accepte, la PMA et surtout la GPA ne sont pas débattues au parlement. La société, qui va à son rythme, n’a pas encore fait sienne ces préoccupations. La situation est donc équilibrée. Malgré cet équilibre le sentiment général est, encore une fois, que l’exécutif a raté, dans les grandes largeurs, ce débat de société. Pour une raison principale, toujours la même : manque de clarté dans l’affirmation des convictions ! Le travail de clarification présidentielle tout azimut, débuté avec l’année 2014 n’est donc pas encore totalement achevé !

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