A.Juppé publie son 2ème livre en vue de la primaire.

Celui-ci traite des sujets régaliens. Après un livre sur l’éducation, qui rompait plutôt avec l’idée conservatrice en vogue du nécessaire retour à l’autorité verticale, le 2èmeouvrage fournit des réponses plus classiquement de droite. Retour, pour le coup, à l’autorité verticale de l’Etat : plus de policiers, plus de places dans les prisons, moins de réductions de peines. Sur l’immigration, moins d’Aide Médicale d’Etat, un regroupement familial plus contraignant. Le prochain livre sur l’économie, au printemps, devrait être de la même sauce de droite : réduire les charges et les contraintes qui pèsent sur les entreprises, diminuer les dépenses publiques. Pas de quoi plaire aux électeurs de gauche. Quoique ! Les électeurs de gauche qui gonflent, en ce moment, la popularité de Juppé, savent bien qu’il est de droite. Ils ne l’apprécient pas tant pour ses idées que pour sa façon d’être en politique. A.Juppé fait réapparaitre une certaine droite dont une bonne partie des Français semble nostalgique : une droite de l’autorité de l’Etat et de la responsabilité individuelle. La droite que N.Sarkozy trouvait complexée mais qui avait juste des limites sémantiques, des bornes républicaines, une certaine bienséance démocrate-chrétienne et une ouverture girondine. Ainsi, Juppé critique de façon très urbaine la politique pénale sans jamais s’en prendre à C.Taubira. Il réfute le projet d’extension du domaine de la déchéance de nationalité, jugé trop tactique, prône une laïcité ferme mais ‘d’accommodement raisonnable’. Il prend acte des avancées qu’il sait irréversibles, comme le mariage pour tous. Ses affirmations n’ont jamais l’air d’être des projectiles lancés contre l’autre camp.

Par exemple sur le thème de l’identité.

Oui, Juppé refuse le ‘déclinisme’, le ‘c’était mieux avant’. Il parle de ‘l’identité heureuse’. En même temps il dit clairement que nos racines sont chrétiennes. Quand c’est N.Sarkozy qui l’affirme, vous avez remarqué ? Ça a toute suite l’air d’être un défi agressif. Du coup, la réponse-réflexe de la gauche est de la même teneure agressive, à ce qui est pourtant une vérité indéniable : notre histoire est largement chrétienne. Juppé fait le pari –assez à la mode- que le pays est fatigué de ce pugilat obligatoire, de cette ambiance d’acrimonie générale sur tous les sujets. Ses petits coucous à la gauche ne paraissent pas comme des concessions mais plutôt comme une forme de politesse de la modération. Au fond, les programmes (qui se dessinent) de Juppé, Fillon, Le Maire ou Sarkozy, ne sont pas très différents. Ce sont les personnalités mais surtout les angles d’attaque qui changent. Parlez du FN à A.Juppé, il vous sort d’emblée la carte du chômage qui recouvre celle du vote Le Pen. N.Sarkozy répond, lui, qu’il faut d’abord endosser l’angoisse identitaire et l’exaspération populaire. Quelle est, de ces 2 façons de faire, la plus sûre pour gagner la primaire ? Personne ne peut le dire, parce que personne ne sait ce que seront l’ampleur et la nature exacte de l’électorat pour ce scrutin inédit à droite. Pour l’instant, paradoxaux ou taquins, les Français réclament du renouvellement et, en même temps, semblent plébisciter A.Juppé !

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