L’édito de Thomas Legrand, en direct de Marseille… Ici on parle beaucoup du projet de métropole englobant, Aix et Marseille et une centaine d’autres villes. Mais la plupart des maires n’en veulent pas… Non, et nous avons là un exemple parfait de la nuisance tragique qu’une partie de la classe politique locale peut engendrer sur son propre territoire et à l’encontre de sa propre population afin de préserver ses petits prés carrés ! Ça n’a rien à voir avec la droite et la gauche. Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de Marseille est favorable au projet du gouvernement, tout comme Eugène Caselli, le président, socialiste de la communauté urbaine de Marseille. Mais sur 119 maires concernés, 90 s’y opposent ! Et parmi eux Maryse Joissains la député maire (UMP) d’Aix. Et bien sur le président du Conseil Général Jean-Noël Guerini, en délicatesse avec la justice et avec son parti, le PS mais, curieusement toujours influent. Pourquoi tant d’élus de ce département refusent-ils la mutualisation des moyens des collectivités locales ? Il existe 6 communautés d’agglomérations dans les Bouches du Rhône. Chacune vit pour elle-même. Le clientèlisme à échelle municipale ou départementale est bien installé. Aller d’une ville à l’autre par les transports publics est un enfer. Le taux de refus d’offre d’emplois pour des raisons de difficultés de transports atteint ici le record de France. Pendant que la Ville d’Aubagne (PC) s’apprête à dépenser des dizaines de millions d’euros pour faire un tramway municipal –gratuit- qui va d’Aubagne à… Aubagne, la ligne de chemin de fer qui relie (si l’on peut dire) Aix à Marseille n’est toujours pas totalement électrifiée et ne comporte qu’une seule voie sur la plus grande partie du parcours empêchant les trains de se croiser. Il y a dix autorités organisatrices de transports publics dans le département ! Un autre record ! Au cœur du problème : Marseille, qui est une ville pauvre !Oui, dans les autres métropoles envisagées par le gouvernement (ou par les élus locaux eux même comme à Lyon) la grande ville centrale est relativement riche. Ce sont certains quartiers et des villes périphériques, des cités qui sont pauvres. La ville principale a un rôle économique moteur et a intérêt à ce que l’environnement soit harmonieux. L’idée que les villes d’une même agglomération doivent se répartir les recettes et les dépenses domine partout. Sauf Ici ! Parce que chaque ville a peur que la pauvreté de Marseille les submerge. La riche et distante Aix-en -Provence en particulier. Mais ce n’est pas la seule. Le port de Fos sur mer génère d’énormes revenus, de nombreux marseillais y travaillent mais la ville de Marseille ne perçoit rien. La zone commerciale des Paluds enrichit Aubagne et Gémenos, à tel point que le maire de Gémenos redistribue de l’argent à ses administrés alors que 80% des clients de cette zone viennent de la capitale du sud ! Marseille, (éternellement populaire et, c’est vrai, peut-être pas toujours très bien gérée) n’a quasiment plus de piscine municipale mais possède l’une des plus importantes plateformes hospitalière d’Europe. Il y a des rééquilibrages à opérer… forcément dans le cadre d’une grande Métropole. Métropole qui aurait été certainement établie, de fait, si le gouvernement avait eu le courage d'imposer la suppression pure et simple des départements, au moins en zone urbaines. Et puis ça aurait eu un autre avantage : plus de département des Bouches du Rhône : plus de Guerini ! Belle occasion manquée.

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