Ce matin… ode à la Vème République…

«Quand on se regarde on se désole quand on se compare on se console» ce dicton s’applique bien à l’état institutionnel de la France : En Allemagne, les 2 grands partis de gouvernement sont obligés de s’entendre à l’infini. Cette capacité à trouver des compromis, que l’on pouvait envier, habituer que nous sommes à nous opposer toujours frontalement, a perdu de son charme démocratique. Les compromis allemands ne naissent plus d’un choix mais d’une contrainte, pour pallier la faiblesse des  partis classiques. Partis en lesquels les allemands n’ont plus confiance et qui doivent additionner leurs maigres forces pour mener une politique, toujours la même... qui finit par faire perdre leur identité aux conservateurs et aux sociaux-démocrates. En Espagne, même démonétisation des conservateurs et des socialistes, émergence des mouvements antisystème, et le PS, en situation de minorité manifeste (84 députés sur plus de 300) qui doit tenter de former un gouvernement, forcément croupion. En Italie, gauche, droite, centre traditionnels ont failli et ce sont les antisystèmes, avec des programmes contradictoires qui ont dû imaginer un projet patchwork, sans cohérence. Projet qui sera soit inapplicable, soit appliqué et fera de l’Italie un pays plus déficitaire encore à cause de la combinaison de l’eau et du feu budgétaire : le revenu universel et la baisse des impôts ! Premier membre fondateur de l’Union, à ce point en rupture avec tous ces engagements européens.

Et en France, la 5Vème République donne, au moins, des majorités claires.

Oui, et pas simplement grâce au mode de scrutin, au « fait majoritaire » pour les législatives. Mode de scrutin, qui, rappelons-le, n’est pas lié à la constitution.  L’élément principal de stabilité est l’élection du président au suffrage direct ; le fait, donc que le chef de l’Etat n’ait de comptes à rendre qu’au peuple et non pas au parlement. Il tient le parlement sous sa férule par l’initiative des lois et le droit de dissolution, toujours présent dans un coin de la tête de tous députés. Mais cette solidité, ces pouvoirs octroyés au vainqueur de la présidentielle, provoquent des frustrations sur le plan intérieur. Nous sommes toujours à la merci d’une relative «monarchisation» des rapports politiques. Un président français peut même qualifier sa pratique du pouvoir, sans rire, ni étonnement, de jupiterienne. La situation n’est démocratiquement pas très adulte sur le plan intérieur. A ce point, d’ailleurs, que des partis (et non des moindres) veulent passer à la VIème République et que tous les autres (même le parti majoritaire) ont des projets de réformes institutionnelles. Toujours est-il que sur un plan extérieur (et ce n’est pas rien dans un monde de plus en plus interdépendant) la France peut parler d’une voix claire et stable. La réaction de l’Allemagne, plutôt positive, hier aux propositions de d’Emmanuel Macron sur l’Europe, le montre encore. Tous nos interlocuteurs savent que le président Français dispose d’une majorité et qu’il sera encore, là, avec cette majorité… dans 4 ans ! Personne parmi nos voisins ne peut en dire autant. De ce point de vue : Merci mon Général… merci la Vème !

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