Ce matin la dette…

Oui… le drame de la dette que nous allons laisser à nos enfants et nos petits-enfants… la dette devrait être une matrice de nos politiques publiques et les citoyens comme les responsables politiques (comme, aussi, ceux qui commentent la politique et interrogent les élus) devraient intégrer cette donnée déterminante dans leurs raisonnements, sous peine d’irresponsabilité coupable. 

Mais vous vous prenez pour Dominique Seux !

C’est ça quand on parle de dette, sans préciser de laquelle, on pense spontanément à la dette financière… Mais je vous parle de la dette écologique ! D’une dette, beaucoup plus plombante pour notre avenir (et celui de nos enfants – parce que quand on parle de dette, il faut toujours invoquer les enfants, c’est une sorte de convention, c’est imparable) plus plombante donc que la dette financière dont on parle toujours et qui conditionne, elle vraiment, l’action du gouvernement. Demain, le 5 mai, nous atteindrons, (la France) un seuil particulier. Si le monde entier consommait, vivait avec les mêmes standards que les 68 millions de Français, la planète aurait déjà consommé l’ensemble des ressources naturelles qu’elle peut renouveler en une année. Nous vivrons donc, en quelques sortes, à crédit écologique à partir de ce week-end. Et la dette se dégrade puisqu’en 2014, ce point de repère temporel tombait le 14 mai. Comme tous ces calculs réalisés par des organisations internationales chargées d’une cause (ici le W.W.F et le Global footpoint network), il s’agit d’un argument assez théorique, d’un coup de com’ mais qui recouvre une réalité ! On dépense plus d’argent que l’on en dispose pour assurer la survie de notre modèle social et, à écouter le gouvernement, c’est un problème majeur qui justifie de demander des efforts aux Français… Mais la dette écologique (alors même que son caractère néfaste –contrairement à la dette financière - ne fait plus débat) est finalement peu invoquée lorsqu’il s’agit de faire ou non une réforme. La question de la dette financière est bien au cœur, par exemple, de la réforme de la SNCF ! Pourquoi n’en est-il pas de même pour la dette écologique? Pourtant, de l’état du système ferroviaire dépend une partie de notre émission de carbone. Le gouvernement devrait s’attacher à nous démontrer que ses solutions sont meilleures pour le climat. On pourrait en dire aussi autant aux syndicats à propos de l’empreinte écologique d’une grève si longue dans ce secteur ! Les endettés financiers ont des créanciers qui peuvent augmenter les taux d’intérêt, et même décider d’arrêter de faire crédit, alors que pour la dette écologique, on peut emprunter à fonds perdus, le créancier, c’est la terre ! La sanction viendra sous forme de dérèglement climatique, dégradation de la biodiversité et migrations massives. Pour justifier ses réformes et leur mise en route tambour battant, le président dit souvent que les Français sont prêts à la transformation du pays pourvu que le sens soit clair ! Visiblement il n’a pas tort puisque les contestations sont minoritaires, ne convergent pas et n’empêchent pas les lois de passer. Le même raisonnement pourrait être appliqué pour vraiment accélérer la transition énergétique… les Français sont prêts ! D’autant que là, le but est quand même plus clair et plus enthousiasmant.

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