**Les partis politiques sont en campagne pour les régionales, avec une toute autre élection dans la ligne de mire...Celle à laquelle tout le monde pense tout bas. Qu'on ne s'y méprenne pas : nous avons, nous, journalistes, le devoir de vous parler des régions, de leurs compétences, transports publics, lycées, la fiscalité. Nous devons vous informer sur les propositions des différentes listes, les enjeux, les grands équilibres politiques. Nous consacrons à ces régionales des émissions spéciales. Notre site Internet Franceinter.com que vous pouvez consulter est une référence en la matière, et fait mentir ceux qui nous reprochent de ne pas faire du fond. Mais les grands ténors ont beau mouiller leur chemise pour ce scrutin, ils n'arrivent pas à masquer ce qui les motive au plus profond d'eux-mêmes: leurs ambitions présidentielles. Ces régionales sont à la vérité une répétition générale de 2012, le meilleur moyen de compter les troupes et de s'offrir un test grandeur nature. Les régionales ne seraient donc qu'un prétexte ?Prenez Martine Aubry. La première secrétaire du PS est sur tous les fronts et ne parle officiellement que du projet. Ce qui ne l'a pas empêché d'affirmer dimanche dernier que Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et elle-même ne se présenteraient pas les uns contre les autres aux primaires, jurant au passage qu'ils n'ont passé aucun accord entre eux. Cette déclaration trahit une obsession et une seule: faire barrage à Ségolène Royal, l'empêcher de remonter dans les sondages et revenir au tout premier plan. La présidente de Poitou-Charentes elle-même a pour objectif sa propre réelection, avec le meilleur score possible qui la légitimiserait pour 2012. Elle n'est apparue au niveau national qu'en raison des drames provoqués par la tempête. Prenez François Bayrou, qui sillonne la France dans tous les sens. Celui qui se voulait être le troisième homme, reconnait qu'il traverse une période difficile et attend non sans inquiètude de voir combien il pèsera au soir du 21 mars. Dominique de Villepin, qui a établi hier un record avec plus de huit heures passées au Salon de l'Agriculture, se pose en alternative à Nicolas Sarkozy. François Fillon, plus populaire que le chef de l'Etat, est présenté à la une de la presse comme présidentiable, et fait la campagne, tout en tenant un langage vérité sur l'état de la France qui irrite à l'Elysée. Nicolas Sarkozy enfin ajustera le tir au soir du deuxième tour pour sa campagne 2012, une sorte de mouvement perpétuel, qui a déjà démarré, qui n'a jamais cessé, il est en campagne permanente. La présidentielle efface donc tout le reste?Bien évidemment! Vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais le quinquennat est marqué par des élections intermédiaires tous les ans - ça n'arrête pas, on ne se rend plus compte - ... le quinquennat a compressé le temps politique. Nous faisons presque jeu égal avec les quatre années de présidence aux Etats-Unis, où les campagnes démarrent à mi-mandat. La présidentielle est devenue plus que jamais l'élection phare, qui hante toute les personnalités qui se sentent, à tort ou à raison, habitées par un destin suprême. Quand ces femmes et ces hommes politiques de tous bords accusent la presse, les médias de se focaliser sur la question, n'écoutez pas forcément leur fausse indignation: ce sont eux qui définitivement ne pensent qu'à la présidentielle.**

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