Jean-François Copé lors de sa déclaration
Jean-François Copé lors de sa déclaration © Radio France

Depuis hier midi, tout a été dit sur le faux revirement pro-transparence de Jean-François Copé. Sur cette promesse de dévoiler toute la comptabilité de l’UMP quand deux paragraphes plus loin il explique qu’il place l’ensemble des documents comptables de son parti dans une pièce fermée à double tours, sous scellés, jusqu'à ce que ses projets de lois sur la transparence soient adoptés par le parlement ! C’est-à-dire jamais… En 2013, Jean-François Copé s’était insurgé contre les lois proposant plus de transparence. Là il veut l’imposer sans limite comme un automobiliste qui, se serait fait contrôler positif et exigerait une prise de sang à toute la ville ! Il y a aussi le ton de cette déclaration hallucinante. Et là, une fois n’est pas coutume, on se dit que (même surfacturés) il aurait dû prendre les conseils d’une agence de communication plutôt que d’écrire tout seul ces phrases chargées de poncifs paranoïaques. Jugez plutôt…J’ouvre les guillemets "Parmi eux, des tartuffes bouffis d'orgueil, si pleins d'eux-mêmes, tellement admirateurs de leur propre image, se contemplent avec une délectation perverse dans le reflet de shows télévisés auto-centrés", fin de citation… La presse, voilà l’ennemi ! Copé considère (ou fait mine de considérer) qu’une enquête journalistique est forcement dirigée contre une personnalité pour le compte d’une autre ou d’un parti ! La réalité est plus simple. Depuis le Sarkoton, quand il s’est agit de demander aux sympathisants de rembourser l’ardoise présidentielle de 2012, plusieurs équipes de journalistes, dans plusieurs rédactions se sont penchées sur les finances de l’UMP. Logique. Il fallait bien savoir comment le trou avait été creusé ! Et c’est le Point qui a trouvé en premier. Voilà…alors, que des informateurs du Point aient des arrière-pensées, bien sûr ! Mais c’est au Point de vérifier. Ce qui a été fait. Il est absurde de parler de chasse à l’homme. Cette victimisation, cette théorie du complot montre une faiblesse et un isolement de Copé au sein même de son mouvement. Et hier un silence gêné…très gêné régnait à l’UMP, parmi les autres responsables de ce parti. Un silence également stratégique parce que nous sommes à la veille d’élections municipales. Ce n’est donc pas le moment, pour les ténors de l’UMP, de mettre du carburant dans une polémique qui se trouve tout de même loin derrière l’Ukraine et les intempéries dans le JT… La façon, très solitaire, avec laquelle Jean-François Copé a organisé sa prise de parole bien singulière montre aussi –d’après des observateurs de l’intérieur – qu’il se sent très atteint, personnellement et que l’affichage de la Une du Point (un journal de centre droit), accusatrice, a été vécu comme une violence intime. Ce n’est pas parce que l’enquête journalistique justifie la Une qu’il faudrait sous estimer, ou refuser de regarder en face la réalité humaine de l’atteinte à la personne que peut constituer ce genre d’affaire. Mais au total, ce rapport à la presse, ce rapport hystérique à la transparence, cette propension à se présenter comme éternel victime plutôt que de répondre sur le fond, souligne surtout la carence de culture démocratique qui perdure à la tête de l’UMP.

► ► ► POUR ALLER + LOIN |> Je publie les comptes de l’UMP si tout le monde fait pareil…

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