Au lendemain de la motion de censure... une crise secoue LREM...

Oui, dans quelques semaines (ou mois) il y aura, c’est certain, un groupe parlementaire de marcheurs de gauche. Un groupe, c’est au moins 15 députés. Ils sont déjà près d’une vingtaine à avoir quitté le groupe depuis 2017... Les raisons de leur divorce (ou de leur pas de côté) sont diverses. Mais le gros de cette petite troupe se retrouve autour de l’idée que le macronisme penche trop à droite et tarde à faire sa vraie conversion écologiste. A l’intérieur du groupe EM, il y a déjà une tendance organisée, dite social-démocrate, et, au-delà, d’autres députés ne sont plus en phase avec la marche forcée du macronisme à cloche pied sur la jambe droite. Donc les marcheurs sortis du groupe, plus tous ceux du sous-groupe social-démocrate qui s’interrogent, vont créer un groupe indépendant (ils ne s’en cachent plus)... Seule incertitude : la date de cette création.

LREM pourrait-elle perdre sa majorité absolue ?

Oui, puisque qu’elle ne tient plus qu’à 12 sièges. Mais pas de panique pour le gouvernement, la majorité, c’est en plus une cinquantaine de députés avec le Modem et AGIR. Seulement le barycentre du groupe EM est plus à gauche que celui du gouvernement… Un groupe de Macronistes de gauche pourrait attirer de nombreux parlementaires. Des godillots, des playmobiles macronistes, comme les oppositions les qualifient, bouillent intérieurement. Ils en ont assez de se faire tordre le bras droit... certain refusent le CETA, beaucoup ont regretté les lois asile et sécurité intérieure... tous vivent mal le 49.3. Il y a une sociologie particulière d’une partie de ces députés. Ils avaient été recrutés pour ça par la commission d’investiture en 2017. Au-delà des anciens socialistes, ils viennent du monde associatif et syndical et avaient été séduits par le Macron des solutions de terrain, de l’intelligence collective. Ceux-là se sentent parfois trahis, figurants d’une technocratie arrogante. Un député, ancien syndicaliste dans l’automobile, développe, depuis des années, fort de son expérience industrielle, des solutions pour les contrats courts et le temps partiel... Aucun assistant parlementaire de ministre n’a jamais répondu à ses propositions de rendez-vous. Il y a maintenant toutes les raisons politiques et personnelles pour que se crée ce groupe dissident, voisin. Le 1er ministre serait alors forcé de composer pour obtenir une majorité, au coup par coup à l’assemblée, avec le centre-droit ou/et ce nouveau groupe de centre-gauche. Contrainte risquée mais qui aurait l’intérêt de revitaliser une majorité ectoplasmique, d’animer le débat sur des bases claires, sans qu’il ne soit plus question de caporalisme ou de trahison. Et puis nous entrons dans la phase pré-présidentielle. Le ‘et droite et gauche’ n’est plus praticable pour 2022. Emmanuel Macron va devoir choisir un axe politique déterminé. Pour l’instant, il est clairement de centre-droit. De nombreux députés marcheurs (la majorité en fait) souhaitent un rééquilibrage sur un axe de centre-gauche écologiste. La création d’une structure pour défendre cette idée est donc logique. Les marcheurs vont peut-être se mettre à faire de la politique… ne plus tout attendre d’un seul homme ?

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