**Ce matin, Thomas, vous n’êtes plus commentateur !Non, vous vous souvenez du drôle de reproche que Nicolas Sarkozy faisait aux commentateurs : « les commentateurs commentent ». He bien ça m’a fait réfléchir ! Et j’ai décidé, ce matin de ne pas commenter mais de faire un peu de politique fiction. Je vous donne cette information imaginaire, donc : Nicolas Sarkozy ne se représentera pas en 2012. Le roi du contre-pied politique a décidé de se présenter à la Présidence de l’Union Européenne. Vous savez que celui qui va inaugurer le poste, et qui va être désigné dans les prochains jours (on parle d’un ancien premier ministre belge) sera élu pour 2 ans et demi. Donc le poste sera libre dans deux ans et demi. Et dans deux ans et demi c’est la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Et ce dernier est de plus en plus persuadé que Dominique Strauss Kahn sera candidat à l’Elysée. Le patron du FMI serait, pense-t il, un candidat très difficile à battre. C’est ce que pense de plus en plus de monde à droite. Jacques Chirac vient d’ailleurs de faire cette analyse. D’abord parce qu’il sera (DSK) auréolé de son expérience à la tête d’une organisation internationale prestigieuse. En l’envoyant au FMI Nicolas Sarkozy pensait marquer à jamais son rival le plus redouté du sceau de l’infamie libérale, sauf qu’entre temps il y a eu la crise et que le FMI est devenu l’instance qui prône la régulation de l’économie. Je rappelle que c’est de la politique fiction…Oui, oui ! Les français en 2012 auront le vertige devant les déficits et des dettes accumulées et Nicolas Sarkozy aura passé son temps à promettre qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts ! L’impasse. Donc Nicolas Sarkozy vise la présidence de l’Europe. Il a découvert lors des 6 mois de présidence française de l’union ce travail enthousiasmant, il a aidé à dénouer une crise en Géorgie. Il a été félicité par tout le monde pour la façon dont il a promptement assumé cette charge au moment de la crise financière et il est persuadé que dans ce genre de poste, c’est l’homme qui fait la fonction. Barak Obama voit les difficultés s’accumuler, le président peut être tenté de se hisser à un niveau de responsabilité inédit en Europe alors que les grands sujets (au premier rang desquels l’environnement) ne pourront se régler qu’à l’échelle continentale. Seulement pour que mon petit scénario marche il faut être certain que DSK veuille vraiment revenir. S’il le veut alors François Bayrou n’aura plus d’espace politique et l’on sait que Daniel Cohn Bendit et sans doute Nicolas Hulot peuvent le rejoindre. La plupart des candidats socialistes aux primaires négocieront un portefeuille important, Hollande à Matignon ou a l’économie, Valls à l’intérieur. Il n’y aura plus que Ségolène Royal à décourager, ce qui, c’est vrai ne serait pas une mince affaire. Et surtout il faut que Sarkozy soit certain que DSK gagne. Pas question, bien sûr, de laisser s’installer Jean-François Copé, François Fillon ou Dominique de Villepin à l’Elysée. Pour cela il faut que, au moins deux d’entre eux se présentent. C’est bien parti. Il faut aussi que le président de l’Europe qui va prendre ses fonctions cette année ne soit pas un cador. Qu’il n’ait pas les moyens politiques de s’opposer à la volonté (appuyée par l’Allemagne) de Nicolas Sarkozy d’accéder à cette fonction. Vous avez remarqué que la France a d’abord officiellement soutenue Tony Blair (comme pour dire c’est un poste très important qui nécessitée un fort leadership). Mais la France savait bien que Tony blair, (qui fut favorable à la guerre en Irak) n’avait aucune chance. On dit qu’il faut un fort pour asseoir la fonction et en réalité on s’arrange pour que ce soit un faible qui gagne pour pouvoir récupérer la fonction en temps utile. Pas mal non. Ça sort d’où ce scénario ?En fait, je ne suis pas le seul à avoir imaginé ce scenario, il traine à droite et à gauche… c’est, bien sur une construction intellectuelle. Juste pour rappeler qu’en politique on est toujours surpris. Et, avouez que Nicolas Sarkozy fait preuve d'une certaine capacité en la matière.**

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