**Le premier ministre a fait des déclarations très claires hier... Il est candidat à sa succession.Oui et alors là, on hésite entre deux commentaires : soit Nicolas Sarkozy inaugure une nouvelle méthode d’élaboration d’un gouvernement avec une compétition ouverte pour le poste de premier ministre (première analyse possible) deuxième analyse possible : c’est tout simplement n’importe quoi. Le président est censé donner le cap. Et là on voit un premier ministre qui s’auto « redésigne » en fixant de grandes orientations, je site les mots très présidentiels du premier ministre « on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l’action, le redressement de la France réclame de la durée", »… c’est tellement le monde à l’envers qu’on aurait pu s’attendre à ce que François Fillon, poursuive en disant « et donc, puisqu’on ne change pas de cap, je décide de garder Nicolas Sarkozy comme président ». On peut aisément imaginer le désarroi des députés UMP qui voient se dérouler sous les yeux de tous les Français une véritable campagne pour Matignon. Car c’est bien de cela dont il s’agit puisque lundi, c’était Jean-Louis Borloo qui développait ses arguments, donnant sa conception de ce que devait être le dialogue social et la fiscalité en France ! Ce qui est très troublant c’est que François Fillon a longuement vu le Président hier matin… donc il lui a clairement dit qu’il allait faire acte de candidature à sa propre succession… (peut-être même que c’est le Président qui le lui a demandé). Et d’un autre coté, on sait maintenant que c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a incité Jean-Louis Borloo à dire publiquement ce qu’il pensait de ces questions qui relèvent, à l’évidence d’un chef de gouvernement ! Donc c’est bien Nicolas Sarkozy qui organise une sorte de compétition publique pour Matignon ?Soit il l’organise, soit il subi cette compétition, mais préfère nous faire croire qu’il l’organise, histoire d’avoir en l’air de maitriser quelque chose mais le fait est : ça donne une surprenante impression de flottement au sommet de l’Etat. Comme si le Président hésitait et qu’au lieu de demander, en privé à ceux qu’il envisage de nommer à Matignon de lui faire des propositions, il décidait de faire en sorte que ça devienne un débat public et qu’alors il puisse observer les réactions afin de se déterminer. Si, finalement, comme ça en prend maintenant le chemin, (mais on n’est pas à l’abri d’un énième rebondissement) c’est François Fillon qui reste à Matignon, on pourra dire que Nicolas Sarkozy aura perdu une partie de ses marges de manœuvre politique. Il aura échoué (même s’il remanie fortement son gouvernement) à relancer une seconde phase. Le fait d’annoncer implicitement quatre mois à l’avance que l’on va changer de premier ministre et que, dans les semaines qui suivent cette annonce (et jusqu’à aujourd’hui) la cote de popularité du Président continue à s’éroder alors que celle du premier ministre reste haute et parfois même progresse, a éteint dans l’œuf toute possibilité d’électrochoc politique. Finalement, c’est le mode de gouvernance du président qui enlève tout effet au remaniement. A quoi pouvait bien aboutir un changement de premier ministre, à partir du moment où il est acquis que c’est à l’Elysée que tout ce décide et que tout ce fait? Nicolas Sarkozy, en hyper président qui préside et gouverne à la fois est aussi, et automatiquement, hyper responsable. Dés lors, le nom du premier ministre relève du casting, de l’affichage de la coloration. Alors quitte à ne rien gagner, autant garder le plus populaire et le moins gaffeur...**

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