Ils ne sont plus que 3 dans la course, 3 socialistes pour un seul fauteuil de candidat. Les candidats qui ont renoncé laissent cependant des troupes orphelines, toute la question est de savoir derrière qui ces troupes vont se ranger. Ils se sont retrouvés hier soir dans le 18ème arrondissement, le fief historique de l'ex futur candidat. Ils, ce sont les orphelins de Lionel Jospin. Des orphelins sans chef de guerre puisque celui ci s'est retiré avant de livrer bataille, et qui se demandent s'il y a encore une bataille à mener. Alors hier en se réunissant. Pour la première fois, une semaine après avoir dû digérer le choc du retrait, il s'agissait de faire une petite thérapie de groupe; d'évacuer ensemble tout ce à quoi ils avaient cru pendant ce mois de vraie fausse campagne; de faire le deuil de leurs espoirs à nouveau déçus. Et puis enfin, il fallait se mettre d'accord sur une stratégie. Car maintenant la question, c'est que faire ? Autant il est facile d'être unis derrière un homme, autant son effacement provoque forcément la dispersion des troupes et c'est ainsi que se sont divisés hier les amis de l'ex premier ministre. Car ils sont aujourd'hui face à plusieurs choix. La stratégie dite du "wait and see". Elle est prônée par les jospinistes purs et durs tendance canal historique, incarnée entre autres, par le maire de paris et ses proches, par Martine Aubry et ses amis, et tous ceux ou celles qui ont été ministres avec Ségolène Royal et qui aujourd'hui la détestent cordialement. Alors, eux ne veulent prendre parti pour personne. Ils préfèrent se retirer sur leur aventin, sont même prêts à voter blanc pour certains. Et en cas de défaite de la gauche en 2007, ils se disent que tout est à reconstruire. Le parti notamment. Ils se tiennent prêts. Il y a ceux qui choisissent de reporter leur vote sur laurent fabius ou dominique strauss kahn, le premier parce que, entend t on souvent, c'est l'autre "homme d'état" de cette course, "mais mon anti royalisme ne va quand même pas jusque là" s'amusait hier une jospiniste. Et puis DSK, parce qu'il incarne la ligne politique la plus proche de celle défendue par le non candidat, mais son peu d'égard vis-à-vis de Jospin pendant son tour de chauffe en a froissé plus d'un. Enfin, il y a tous ceux qui anticipent le résultat, et qui disent aujoud'hui : Royal a gagné. Ils ne veulent pas être accusés de voler au secours de la victoire, mais enfin quand même, ils ne veulent pas non plus être les derniers à se rallier. Eux ne se vivent pas comme les gardiens d'un temple vide, et ne se sentent aucune vocation à rester une minorité obscure et obstinément réfractaire. En partant, Lionel Jospin n'avait finalement laissé qu'une seule consigne; tout sauf Elle. Il devrait s'apercevoir dans les jours qui viennent, que ses propres amis sont faits du même bois que tous les autres; quand la perspective de gagner est réelle, l'allégeance devient naturelle. En partant, il a aussi divisé ses propres amis, pas mécontents pour certains de retrouver leur liberté.

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