Ce matin vous êtes un peu énervé par une consœur…

Oui, juste agacé par Natacha Polony qui, dans la foulée de quelques intellectuels de droite ou d’extrême gauche, ou les deux à la fois (ou l’inverse), et de quelques hommes politiques en ce moment qui se raidissent particulièrement contre l’audiovisuel public, a écrit une tribune dans Le Figaro ce week-end, avec au détour d’une phrase cette assertion sur le ton de l’évidence : « on ne peut plus prononcer le mot Nation sur l’audiovisuel public sans être traité de fasciste ». Vous me direz ce n’est rien, l’audiovisuel public en subit ces raccourcis et caricatures à longueur de temps. Natacha Polony, comme à sa façon Eric Zemmour, rejoints par d’autres personnages, d’une autre trempe intellectuelle, comme Michel Onfray, nous décrivent en permanence comme des bien-pensants, chiens de garde d’une élite déconnectée, qui ne donneraient la parole qu’aux eurocrates libéraux, aux pros mariage gay, aux mondialistes, et aux droit-de l’hommistes. Désolé Patrick, vous venez, avec votre 7H43 sur Alep, d’en donner un exemple flagrant : vous avez critiqué la Nation en la personne de ce grand nationaliste qu’est Vladimir Poutine…

L’audiovisuel public serait éloigné du peuple…

Oui, c’est bien connu, nous qui avec nos salaires mirifiques vivons tous à Saint Germain des Prés, sommes incapables de comprendre la vraie douleur du vrai peuple français oppressé par une angoisse identitaire que nous ignorerions du haut de notre position déracinée. Pro immigrés, pro réfugiés, nous serions les idiots utiles de l’islamisme radical. Cette description, qui peut, avouons-le, s’appuyer parfois sur quelques-uns de nos travers, n’en est pas moins une caricature grossière. Revenons à la phrase de Natacha Polony « on ne peut plus prononcer le mot Nation sur l’audiovisuel public, sans être traité de fasciste ». Où a-t-elle entendu ça ? De qui parle-t-elle ? En fait je trouve cette phrase assez grave. Nous parlons de nation, peut-être certains d’entre nous pointons (humoristes, chroniqueurs ou reporters) l’instrumentalisation de ce concept, pour des raisons politiciennes, mais nous invitons régulièrement des hommes politiques et des intellectuels, comme Régis Debray ou JP Chevènement (puisque Natacha Polony, dans ce papier dénonce surtout l’ostracisme contre les théoriciens de la nation plutôt de gauche). France Inter et France culture ont beaucoup plus d’émissions d’Histoire, qui parlent de la France, de la République, et même de la nation que les radios privées. Je ne me souviens pas avoir entendu Jean Lebrun traiter de fascistes ses invités quand il est question, comme souvent, de la nation française dans ses émissions. Peut-être, il est vrai, préfère-t-il le récit national au roman national… après tout il est journaliste et historien, pas romancier ou idéologue. Et c’est vrai aussi que lorsque Nicolas Sarkozy parle de « nos ancêtres les Gaulois » et que l’on retrouve l’archive du candidat de 2007 qui dit exactement le contraire, on le qualifie (de façon implicite) d’inconstant, en aucun cas évidemment de fasciste. Non, il n’y a pas de ligne pro ou anti nation à France Inter… d’ailleurs, je dois avouer que je ne comprends même pas ce que pourrait être une ligne pro ou anti nation…

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