La 5ème République a 60 ans. Ce matin, le bon côté de cette constitution.

On critique souvent la personnalisation à outrance, le déséquilibre entre l’exécutif et le législatif, mais en ce jour anniversaire, et par ces temps troublés à l’intérieur comme à l’extérieur, c’est le moment de faire ce constat : la 5ème…heureusement qu’elle est là !  Faites par et pour le général de Gaulle afin d’assurer à la France, pays éruptif, stabilité et efficacité, elle nous a permis d’éviter une guerre civile, de finir la décolonisation, de moderniser le pays, de conserver notre modèle social et d’élargir le champ de nos libertés. Ceux qui, comme Pierre Mendes-France, avec de solides arguments puisés dans l’histoire, estimaient que ces institutions étaient dangereuses,  auront compris, au fil des décennies, que leurs prévisions étaient pessimistes. La 5ème n’a jamais dérivé en régime autoritaire. La présidentielle de 1965 –de Gaulle mis en ballotage- montre que le gaullisme n’était pas une citadelle imprenable. Ce fut un choc positif pour tous les démocrates. 1969 -Georges Pompidou élu- montre que la Vème survit au Général… 1974, VGE président prouve qu’elle survit non seulement à de Gaulle mais aussi au gaullisme… Enfin, c’est en 1981 que l’on peut être rassuré sur le caractère démocratique de la 5ème puisqu’elle permet l’alternance. 

La 5ème a pas mal changé depuis 1958.

Oui, heureusement et contre l’avis de ses rédacteurs qui avaient dans l’idée qu’elle devait être gravée dans le marbre. Il y eu des évolutions bienvenues. Dans les années 1970, le Conseil Constitutionnel avait choisi (de lui-même !) de prendre ses décisions en se fondant aussi sur le préambule de la constitution, qui comprend la Déclaration des Droits de l’Homme de 1946 ! Ce qui lui donnait une grande latitude pour prévenir d’éventuelles dérives autoritaires. Mais c’est surtout quand Valéry Giscard d’Estaing permet à l’opposition de saisir le Conseil que celui-ci répare (un peu mais c’est déjà pas mal), par ses décisions, le grave déséquilibre entre le législatif et l’exécutif. Aujourd’hui, alors que l’Europe est en crise, le président français est bien le seul chef d’Etat des démocraties libérales à pouvoir se prévaloir (quelle que soit sa popularité) d’une stabilité et donc d’une précieuse crédibilité. Le toilettage des institutions qu’Emmanuel Macron s’apprête à proposer cet après-midi est peut-être utile pour l’efficacité du parlement mais il n’est pas de nature à régler la grave crise de représentation que subissent –il est vrai- toutes les démocraties. Comment rendre les citoyens plus acteurs de la démocratie quotidienne, entre les élections, sans entamer l’efficacité de la verticalité ? Il faudra être plus inventif que ce qui est proposé ! C’est une réflexion qui n’a pas encore de vraie traduction politique. Mais pour l’heure,  quand tout semble se déliter à la tête de l’Etat, heureusement il y a la solidité et la longévité de la 5ème République. Parce que comme le disait Jean Monnet : « Si rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ».

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