Les grands partis ont clos ce week end leur université d’été. Et ce qu’on observe, c’est que cette rentrée politique semble marquée par des résistances au changement. Il y a encore quelques semaines, on était convaincu que 2007, serait forcément l'élection présidentielle du renouvellement. Des hommes, des idées, un changement de génération. Et par quoi est marquée cette rentrée ? Et bien d’abord par des retours. Jacques Chirac revient dans le jeu. Alain Juppé revient à Bordeaux. Lionel Jospin revient lui aussi, sur France Inter dans quelques minutes et peut être au premier plan d’ici quelques semaines. Et même, même Johnny Halliday, revient, en meeting. Il était hier aux côtés de Nicolas Sarkozy. C’est dire si question renouvellement, tabula rasa du passé c’est pas vraiment ça ! Alors comment expliquer ces résistances ? A gauche, si Ségolène Royal apparaît fragilisée depuis sa rentrée, c’est parce que ses camarades craignent qu'elle rompe avce la continuité de leur histoire. Hier en Lozère, elle a eu beau renier "la rupture" et revendiquer la "transmission", ça ne passe pas. Tout simplement parce qu'elle ne respecte pas les fondamentaux socialistes. Un seul exemple : lorsqu'elle défend la « valeur travail », les militants s’étranglent : « chez nous, disent ils, ça fait un siècle qu’on défend les travailleurs, et ça n’a rien à voir ». Lionel Jospin est celui qui dit le plus clairement son hostilité à cet aggiornmento idéologique hasardeux. Lorsqu'il murmure à la rochelle: "je n'ai pas envie que soit balayé ce pour quoi je me suis battu toute ma vie" et qu'il envisage donc d'être candidat. C'est cela précisément qu'il vise. A droite, la primauté de Nicolas Sarkozy sur son camp n'est pas contestable. Mais on a senti ce week-end à marseille, que lui aussi suscitait des résistances. Va-t-il dénoncer brutalement l’action et le bilan de Jacques Chirac ? Va-t-il rester fidèle à la politique étrangère héritée du gaullisme, fidèle au modèle républicain actuel, à notre modèle social ? Sur ces questions, Nicolas Sarkozy zig zague car il sait que la rupture qu'il revendique angoisse et questionne. Pour le compte des chiraquiens, Michèle Alliot Marie l’a publiquement mis en garde, « ne brûlons pas ce que nous avons fait" lui a-t-elle dit. En coulisses, d’autres ministres s’inquiétaient : "la rupture ne doit pas être la fracture disait l'un d'eux". Ces deux candidats tirent leur singularité et leur popularité de ce changement radical qu’ils prônent, à rebrousse poil souvent de leur camp. Toute la question aujourd’hui est de savoir pour Ségolène Royal, si ses amis feront le pari de l'aventure avec elle au mépris de leurs fondamentaux idéologiques pour Nicolas Sarkozy, oo ses amis lui permettront de placer le curseur de sa rupture.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.