Ce matin, dans les colonnes du journal « Le Parisien », Bertrand Delanoë annonce qu'il est candidat à sa propre succession à la mairie de Paris en 2008. Pas franchement une surprise. En politique, il n'y a pas plus voyant qu'un faux modeste. Et plus ridicule, qu'un faux suspense ! Bref, c'est tout sauf une surprise ! Un éminent hebdomadaire a beau titrer il y a quelques jours "Et s'il ne se représentait pas?", histoire de faire frémir d'angoisse ; Bertrand Delanoë a beau faire semblant de tergiverser, "je réfléchis, j'ai 57 ans, de l'appétit pour beaucoup de choses, et pas assez de temps devant moi pour profiter de tous les gens que j'aime", personne de sérieux ne croit une seconde qu'il ait pu seulement imaginer renoncer à être candidat. Et puis franchement le moment est idéal pour l'annonce. Oublié le fiasco de la perte des JO 2012 et le côté mauvais perdant du maire, oubliés, ou presque, les premiers mois hystériques autour du nouveau plan de circulation parisien et ses couloirs de bus. Aujourd'hui, Bertrand Delanoë, c'est la construction de logements sociaux, Paris plage, le tramway, la voiture qui commence à reculer un petit peu dans la ville. Bertrand Delanoë en cette rentrée, c'est surtout Vélib. Vélib et son formidable succès, qui une fois encore a cloué le bec de l'opposition parisienne, incapable d'imaginer des projets municipaux alternatifs, effarée par la maestria du maire en matière de communication, tétanisée par les résultats des derniers scrutins - pour la première fois dans la capitale, la gauche était majoritaire en voix. Tout ça pour dire, que si Bertrand Delanoë avait par extraordinaire renoncé à être à nouveau candidat, c'eut été rien de moins qu'une incongruité politique, et un cas d'école ! Parce que derrière cette candidature, s'en cache évidemment une autre ! Que Bertrand Delanoë n'assume pas plus que la première ! En fait, derrière Paris, monsieur le maire voit évidemment le PS à prendre au prochain congrès, et derrière le PS, pourquoi pas une autre grande maison : le palais de l'Elysée. Mais lui qui revendique une façon moderne de faire de la politique, a bien du mal à faire dans la simplicité. Aux universités d'été du PS à La Rochelle, il a commis quelques phrases mémorables d'emberlificotements : "je ne suis candidat à rien mais je peux être candidat à des choses" lâche-t-il sans rire. "Il m'arrive en me rasant le matin de rêver de Bizerte" dit-il, le plus sérieusement du monde, en ajoutant tout de même "Mais ça ne comble pas tout". Et c'est dans cette dernière partie de la phrase que l'on devine les ambitions de l'intéressé. A La Rochelle, il a posé quelques jalons. Face aux jeunes lions, il a joué la carte du passeur d'histoire du PS. Il a ouvertement assumé sa ligne sociale démocrate, celle qui de toute façon ne fait plus franchement débat au PS. Il a défendu son bilan écolo parisien convaincu d'avoir une longueur d'avance sur son propre parti. Il a fixé, enfin dessiné, la ligne des futures alliances, gauche plurielle ou modem ? "Accords sur les projets rétorque-t-il, pas de combinazione, ça me gonfle." Alors le pas de 2 du désormais candidat parisien, j'y vais, j'y vais pas, je le dis, je le dis pas, a-t-il des chances de le voir avancer ? Tout va dépendre de Paris bien sûr. En cas de réélection, il sera incontestablement en position de force pour prendre le PS bien sûr. Sauf qu'il se verrait bien tout, sauf premier secrétaire de transition, Delanoë, numéro 1 du PS, serait forcément un Delanoë présidentiable. Sur sa route, 1 million 200 000 électeurs parisiens à convaincre et quelques éléphants ou éléphantes à écraser.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.