**La taxe carbone a, semble-t-il, à nouveau fait sombrer le PS dans la division… Est-ce le retour de la cacophonie au Parti Socialiste ?c'est ce que l’on commence à lire et à entendre. On reprochait d’ailleurs la même chose à l’UMP. Rappelez vous, sur la question de savoir s’il fallait réformer ou non le bouclier fiscal ou travailler le dimanche. On disait cacophonie à l’UMP ! Mais on aurait pu…on aurait dû dire « débat à l’UMP ». On dénonce souvent (et dans cet édito je ne m’en prive pas) le caporalisme qui règne dans le parti du Président. Mais quand des voix divergentes s’expriment au sein d’une même famille politique, ce n’est pas dramatique. Dans le cas de l’UMP c’était d’ailleurs bien souvent parce que le PS n’arrivait pas à s’opposer de façon audible tant il était occupé à des questions internes. Les divergences sur bien des sujets, au sein de l’UMP remplaçaient le débat UMP/PS que les socialistes n’arrivaient pas à animer. Revenons au PS. Libération d’hier titrait sur Ségolène Royal qui fissure l’unité affichée à la Rochelle. Mais c’est une lecture-me semble t-il- biaisée. Justement, en consacrant les primaires à La Rochelle, Martine Aubry les a lancées alors même que le processus n’est pas arrêté et que le top départ de la course pour 2012 n’est pas donné. Mais ce n’est pas grave. Aujourd’hui la grande question de la semaine c’est la taxe carbone et c’est à gauche qu’a lieu le débat le plus intéressant. C’est des verts furieux de la timidité du dispositif fiscal envisagé, c’est de Ségolène Royal, qui malgré sa façon d’affirmer qu’elle avait tout prévu, tout inventé en la matière, c’est d’elle tout de même que sont venus les arguments les plus forts sur l’indécence qu’il peut y avoir à taxer des automobilistes, petits pollueurs, qui n’ont pas accès aux solutions alternatives. On peut penser ce que l’on veut de ces arguments, on peut même estimer, sans risque de se tromper qu’il y a de la tactique dans cette posture très « moi-je » (les régionales ne sont pas loin) mais d’un point de vue stratégique, comme du point de vue de l’intérêt du sujet, Ségolène Royal et les verts auront permis à la gauche d’animer le débat sur la taxe carbone. Donc, pour revenir à ma question de départ, la bonne séquence du PS n’est pas entamée par les dissensions sur ce sujet.Non, je ne crois pas. Ce qui a nuit au PS ces derniers temps ce n’était pas les disputes au sommet mais c’était qu’on avait l’impression que les socialistes ne brassaient plus d’idées, que la réalité de ce que vivaient les français ne pesait plus sur leurs préoccupations. Ils étaient tournés vers eux-mêmes. Au fond on reproche souvent tout et le contraire de tout aux dirigeants politiques. Quand ils débattent on dit, « ils sont divisés », quand ils sont disciplinés, on dit « ils sont godillots ». Des deux maux, le moins grave, quand on aime la démocratie, c’est quand même le premier. La santé politique d’un parti devrait plutôt se mesurer au regard des thèmes porteurs du moment. Et que voit-on cette semaine ? Quels sont les sujets qui font l’actualité? C’est bien sûr la taxe carbone. Cette taxe est plutôt d’inspiration écologiste et de gauche puisque régulatrice. L’autre sujet politique, c’est le non cumul des mandats prôné par le PS. Là aussi il fait débat au PS, il suscite des polémiques internes mais c’est le PS qui, pour une fois, tient l’agenda des débats politiques du moment. A tel point que Nicolas Sarkozy, grand cumulard devant l’éternel, demande maintenant à ses ministres de ne pas cumuler leur poste au gouvernement et un éventuel siège de Président de région. Le Président donne l’impression de courir après le PS et les verts…et ce n’était pas arrivé depuis longtemps ! Il me semble donc plus pertinent de juger de la vitalité d’un parti (en dehors des élections bien sur) sur sa capacité à imposer ses thèmes au débat du pays plutôt qu’à sa capacité à faire poser souriants, l’un à coté de l’autre, ses dirigeants concurrents sur une belle photo !**

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