On n'a jamais été aussi près du premier tour de cette élection présidentielle ! La tension monte entre les principaux candidats, les plus petits se démènent sur le terrain en espérant passer au moins la barre des 5%, mais pendant ce temps-là, d'autres batailles se jouent en coulisses... Derrière la fameuse rencontre d'un homme ou d'une femme, et d'un peuple, se cachent effectivement une multitude de petits calculs, risqués paris et secrètes batailles. Car voir élu, le candidat de son camp, suscite l'espoir d'obtenir à son tour les fonctions les plus éminentes de la république. Dans les camps qui croient à la victoire, c'est évidemment sur Matignon qu'on lorgne. Et aujourd'hui, alors que le premier tour n'a pas eu lieu, que le rapport de forces n'est pas établi, il y a les "biens placés", et les outsiders. Bien placé en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, François Fillon incontestablement qui a gagné en quelques mois ses galons de "proche" du candidat. La longue négociation entreprise par Jean-Louis Borloo pour rejoindre Nicolas Sarkozy a fait craindre à certains qu'il ne se place. "Impossible, Nicolas ne le supporte pas plus de 5 minutes", rétorque catégorique un historique du sarkozisme. Enfin, on susurre depuis quelques jours le nom du jeune porte parole Xavier Bertrand. "C'est un coup de bluff de Jean-Pierre Raffarin pour énerver Fillon" croit savoir un membre de l'équipe de campagne. Tapie ? non c'est pour rire ! En réalité les noms changent, mais le profil demeure : avec la volonté d'être un président qui dirige, et non plus qui arbitre, Nicolas Sarkozy choisira sans doute un super directeur de cabinet comme premier ministre, en gros un animateur d'équipe ministérielle. Avec un calcul d'avance néanmoins; un premier Premier ministre n'est pas fait pour durer 5 ans. S'il part au bout de 2 ans, il ne doit pas entrer en concurrence avec le président. Giscard/Chirac 74/76 ça vous rappelle quelque chose ? du coup, ça exclut de fait les plus brillants ou les plus ambitieux des postulants, une consolation pour ceux qui ne seront pas choisis. Autour de Ségolène Royal, le calcul est identique. Chacun étant convaincu que si elle gagne, elle sera à nouveau candidate en 2012, elle devrait choisir un premier ministre dont elle se sent proche, mais qu'elle veut aussi neutraliser pour l'avenir. Dominique Strauss-Kahn serait évidemment politiquement le mieux placé. Dans sa relation avec Royal, c'est une autre histoire. Du coup, Michel Sapin, Jean-Louis Bianco ou Jean-Marc Ayrault croient en leur chance. Chez François Bayrou, le profil se voulant atypique, "ce ne sera pas un homme de mon camp" a dit le candidat, les noms les plus divers ont circulé, de Lamy à DSK, leur point commun, c'est que pour l'instant ils ont tous décliné l'offre. Seul Jean Peyrelevade, ex banquier et actuel soutien n'a pas dit non. Alors faut-il réduire ces spéculations à un jeu d'ego et d'ambitions personnelles ? Pas seulement, car savoir avec qui va gouverner le futur président n'est pas neutre sur la politique qu'il entend mener tout juste élu. Mauroy en 81, remplacé ensuite par Fabius. Juppé en 95 plutôt que Séguin. Raffarin en 2002 alors que Jacques Chirac vient d'être élu avec les voix de gauche. S'ils n'avaient été les premiers Premier ministres, la face du mandat présidentiel, en aurait sans doute été changé.

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