Réforme des institutions : de bonnes choses, du dérisoire et –dites-vous- une grosse arnaque !

Les bonnes choses d’abord. La réduction du nombre des parlementaires, si c’est à moyens constants pour le parlement, cela donnera aux députés plus de possibilités de s’entourer de plus de collaborateurs efficaces. Ça ne peut être que bénéfique pour la fonction de contrôle du gouvernement et la qualité juridique des lois qui en a bien besoin ! Encore faut-il que les parlementaires aient l’envie et le courage de contrôler l’action du gouvernement et du 1er ministre… qui est aussi le chef de la majorité… mais ça c’est une autre question ! La réduction du nombre de députés, donc l’agrandissement des circonscriptions, ne nuira pas à la représentation des Français. Les députés ne sont pas là pour représenter uniquement les électeurs de leur bassin électoral mais la Nation tout entière. Ils doivent faire vivre la diversité idéologique du pays ! Ce sont les sénateurs qui représentent les territoires et la diversité géographique. 300 sénateurs, ça devrait suffire ! Le non cumul dans le temps peut aider au renouvellement. C’est une bonne chose (pour ne pas asphyxier la démocratie de proximité) de ne pas l’imposer aux élus municipaux des communes de moins de 9000 habitants qui manquent de candidats. Le dérisoire maintenant : les 15% de proportionnelle. Marine Le Pen a raison de dire que c’est une aumône à la démocratie! Ça ne modifiera qu’à la marge les équilibres et la représentativité politique. Même pas la peine d’en parler !

Et la grosse arnaque ?

C’est l’introduction de la préoccupation climatique dans la constitution. Contre l’avis de Nicolas Hulot qui gobe encore un boa constrictor, la protection du climat est introduite dans l’article 34. Qu’est-ce que l’article 34 ? Là, il faut faire un peu de droit constitutionnel… Arrêtez une minute de vous brosser les dents, posez votre tasse de café : l’article 34, c’est celui qui liste, qui définit le domaine de la loi. Tout ce qui n’y est pas est du domaine du décret. Donc il sera dit que le législateur pourra faire des lois pour protéger le climat. Merci pour lui… il pouvait déjà, sans que ça soit spécifié ! En revanche, cette inscription, dans cet article 34, ne permettra pas aux citoyens ou aux parlementaires de faire retoquer par le Conseil Constitutionnel  une loi qui serait néfaste pour le climat ! Par exemple, une loi qui autoriserait la fragmentation hydraulique, l’exploitation des gaz de schiste, ne pourrait pas être retoquée. Il aurait fallu –pour que ce soit possible- que la protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique soit hissées au rang de principe constitutionnel… à l’article 1er ! Pour la galerie, en plus (!) et pour donner du grain à moudre aux quelques députés macrono-écolos, le gouvernement permettra à ces députés d’amender le texte et d’y rajouter la biodiversité… Mais c’est du grain à moudre totalement décaféiné parce qu’une phrase placée dans le mauvais article ne sert toujours à rien, même si elle est plus longue ou plus précise… La conscience écologique de ce gouvernement en est encore à ses balbutiements… de ce point de vue, le macronisme reste très «ancien monde».

Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.