On a déjà beaucoup commenté cette sinistre impression selon laquelle les manettes du pouvoir ne répondent plus ! Chaque sujet, ou presque, traité par le gouvernement nous renvoie à ce sentiment que le destin du pays ne se joue pas à l’Élysée ou au parlement. Prenez les questions fiscales -le cœur de l’action publique- la remise à plat décidée par le premier ministre est une façon de se redonner un peu d’air politique plus qu’une façon de réformer. Tout le monde connaît la maxime qui veut que la politique ce n’est que l’art de trancher entre de mauvaises solutions. Mais aujourd’hui il semblerait que la politique soit simplement l’absence de choix. Face à l’impuissance, quasi équivalente à celle à laquelle avait du faire face Nicolas Sarkozy, l’opposition d’alors (qui n’avait pas gouverné depuis 10 ans) semblait encore représenter une alternative. Seulement voilà, comme les logiques de respect des critères européens et de retour aux équilibres financiers sont maintenant clairement revendiqués par l’UMP et le PS, la droite parlementaire n’arrive pas à représenter l'espoir d'une autre politique possible. Le fait que la nouvelle alliance centriste se soit justement donnée comme nom « l’Alternative » est une forme d’aveu un peu désespéré. Un affichage de ce qu’il faudrait qu’elle soit, plus que de ce qu’elle est vraiment! Les centristes et l’UMP, fraichement débarqués d’un pouvoir qui n’a , finalement, pas pu faire grand-chose non plus, sont les cogérants, avec les socialistes de l’impuissance publique.Dernier exemple en date : l’équitaxe. Oui, l’augmentation de la TVA sur l'activité des centres équestres est une nécessité Européenne rendue couteuse parce que la précédente majorité n’a rien pu faire pour aménager son application dans les délais. De même, l’impossible écotaxe avait été organisée par François Fillon. Comment reprocher au gouvernement d’augmenter la TVA à 20% quand on a signé un décret la portant à 21,2. Le débat qui a opposé Pierre Moscovici à Valérie Pécresse, la semaine dernière, dans Des paroles et des actes fut la démonstration par l’absurde de la fin d’une époque politique. Les deux responsables se reprochaient, en terme virulent, exactement les mêmes choses et semblaient défendre exactement les mêmes objectifs, pointant simplement l’inefficacité de l’autre. Cette incurie des partis de gouvernement devrait, en toute logique, profiter aux partis des bordures. A ceux qui remettent le système en cause. Mais ça ne marche pas non plus. Le Front de gauche ne mobilise pas et sombre dans une forme de complotisme plutôt que de le reconnaitre. Le FN remportera peut-être des succès électoraux. Mais ce seront des victoires de mégaphone. L’idée que le FN représente une alternative crédible est très largement minoritaire dans le pays. Il n’est pas étonnant, dés lors que le très léger changement d’inclinaison de la courbe du chômage devienne le motif fou d’un espoir de retour. Non seulement de l’emploi. Mais aussi du politique, de la politique comme matière (souvenez-vous) qui pouvait changer le cours des choses ! La Politique parait donc bloquée ! Et –du coup- le commentaire politique aussi ! Songez que ce matin (Bruno Duvic nous le confirmera dans sa revue de presse) la moitié des éditos de la presse écrite est consacrée à quoi ? A l’opération de la prostate du président (qui ne l’était pas encore) en 2011... c'est-à-dire à rien !

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