Oui, la primaire pourrait ne rien régler.

Celle de la droite lui a permis de choisir un champion, assuré d’être seul, (à un Nicolas Dupont-Aignan près), face à la gauche et l’extrême droite. La primaire dite de la Belle Alliance Populaire sélectionnera le candidat qui ne sera pas celui de toute la gauche puisqu’à l’issue de cette compétition, fin janvier, il y aura donc un candidat socialiste plus Yannick Jadot, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Donc si les efforts de Jean-Christophe Cambadélis visant à convaincre Mélenchon et Macron d’intégrer la primaire restent vains - ce qui est le plus probable- alors la gauche ne sera pas en mesure d’atteindre le second tour en 2017. Il faudrait, pour qu’il en soit autrement, que Marine Le Pen ou François Fillon s’effondrent, pour une raison que l’on serait bien en peine d’imaginer aujourd’hui. En en restant aux équilibres gauche-droite-extrême-droite actuels, un constat s’impose : la gauche est dans une impasse.

Les lignes économiques d’Arnaud Montebourg et de Manuel Valls sont différentes. La primaire peut au moins enfin trancher cette question, non ?

Ce débat dure depuis l’affrontement Rocard/Mitterrand à la fin des années 70. Dans les faits, les socialistes au pouvoir n’ont jamais eu une ligne claire. Ils tiennent toujours (depuis 1983) un discours plus à gauche que la réalité de leur action. Avec une conjoncture favorable et une génération brillante, ils ont, entre 1997 et 2002, obtenu de bons résultats macroéconomiques mais n’ont pas proposé pour autant un nouvel horizon pour la gauche ou un modèle de sortie de crise pour la France. Entre 2002 et 2012, de retour dans l’opposition nationale, les socialistes gagnaient toutes les élections intermédiaires et se sont, dès lors, crus dispensés de travailler à trancher et à rénover leurs conceptions de l’économie. Les 10 ans d’opposition qui ont précédé le quinquennat de François Hollande auront été stériles, occupés à engranger les faciles bénéfices électoraux locaux. Les socialistes auraient dû, à ce moment-là, œuvrer à la refondation d’un projet comme la gauche française a su en inventer dans sa longue histoire. Un projet progressiste tenant compte des nouveaux atouts et dangers de la mondialisation, de la révolution numérique et de l’exigence écologique. Le PS d’aujourd’hui, exsangue, ne paie donc pas tant le bilan du Hollande Président (qui sera, au fil du temps, à coup sûr réévalué) que le temps perdu par le Hollande patron du PS des années 2000. Aujourd’hui Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon, chacun dans son genre, se montrent plus audacieux et inventifs. Ils sont le résultat outré des non-choix du PS. La gauche est maintenant dans un tel état qu’une primaire globale, avec le PS, Mélenchon et Macron, est impossible. Elle serait même malhonnête puisque ni Macron, ni Mélenchon ne pourraient décemment se ranger (selon le principe de la primaire) derrière celui qui gagnerait, tant ce qui les sépare est maintenant une question de nature et non plus de degrés. Ce qui est à craindre pour la gauche, c’est que M.Valls, qui sera candidat cet après-midi, ou Arnaud Montebourg ne puissent, au mieux, que représenter une solution pour tout ce conglomérat de gauche qu’au prix d’une synthèse (pas d’un compromis) et donc, encore une fois, d’un non choix.

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