C'est Laurence Parisot, la patronne des patrons qui se met en 4 ce matin sur France Inter. La numéro 1 du Medef, entend peser de tout son poids dans la campagne présidentielle en cours et c'est une démarche plutôt nouvelle. La scène se passe en novembre dernier à Loches en Touraine. Au cours d'un dîner organisé par "Dialogue et initiatives", le club de réflexion de Jean-Pierre Raffarin, un homme prend la parole : "je suis patron de PME, et je voulais vous dire que ça serait bien que la droite s'assume enfin et prenne fait et cause pour nous les patrons pendant cette présidentielle". Il a à peine le temps de finir sa phrase que, Philippe Briand, député UMP du crû mais aussi chef d'entreprise, bondit et s'empare du micro : "et bien moi je vous dis, qu'on aimerait aussi que les patrons disent enfin que la droite et la gauche c'est pas pareil ! A votre tour de vous mouiller plutôt que de vous planquer". Patronat poule mouillée ? Patrons-autruches qui s'enfouissent la tête dans le sable le temps des campagnes électorales pour la relever sitôt après pour réclamer toujours moins de charges ? Patrons arrogants tel le baron Seillières qui refusait toute ingérence politique mais se permettait de traiter l'ex premier ministre de "pauvre monsieur Raffarin" ? Et bien c'est avec ces images, peu valorisantes, que Laurence Parisot entend rompre. Il y a quelques jours, elle a tenu à Paris Bercy, au cours d'un show à l'américaine qui aurait fait rêver Nicolas Sarkozy s'il n'avait changé, un discours détonnant : "Sortons de nos bureaux et nos ateliers, entrons dans la mêlée", a-t-elle lancé aux 6000 chefs d'entreprises présents, en brandissant le livre blanc du patronat, concocté après débats participatifs, (oui) et joliment intitulé "Besoin d'air". "Besoin d'air", beau slogan... électoral ! D'ailleurs Laurence Parisot a un programme électoral : Une philosophie d'abord : "non aux déclinologues, rien n'est foutu !" clame-t-elle Un objectif, partagé par 100% des français : réduire le chômage. Des références, et oui, même elle cite Jaurès ! Des propositions enfin, pas révolutionnaires pour le patronat, abrogation de la durée légale du travail, baisse des charges et dénonciation des effets pervers de l'augmentation du smic. Bref, du 100% libéral mâtiné de quelques astuces de langage : Laurence Parisot ne parle plus de flexibilité, mais "d'agilité" pour l'entreprise, elle ne dit pas "à mort le cdi", mais parle d'un nouveau contrat avec "séparabilité" à l'amiable entre employeur et employé... des mots malins pour ne pas effrayer. Alors la patronne des patrons serait-elle la 47ème candidate en lice pour la présidentielle ? Elle s'en défend bien sûr, soucieuse seulement comme d'autres institutions patronales d'ailleurs, de participer aux débats. Mais drôle de campagne tout de même, où les patrons font leur "coming out politique" et investissent l'arène civique, au moment même où le candidat de droite Nicolas Sarkozy, a priori le plus proche d'eux et de leurs thèses, fait tout pour faire oublier leur proximité, discourt sur les patrons voyous et tenterait même de faire croire, qu'il pourrait bien être de gauche !

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