560 voix pour, 181 contre...Hier, la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne a été adoptée par les parlementaires...Fin d'une séquence, Hélène... Ca y est, c'est fini... 3 ans de querelles... Un oui, parlementaire à la première révision contitutionnelle, un non populaire au référendum sur le projet de traité, un oui enfin acquis hier à Versailles. Et voilà, c'est fini, ne manque que la ratification du traité, elle sera effective d'ici la fin de la semaine. Les Ouistes de droite, utilisons une dernière fois ces néologismes fort commodes, ont applaudi des deux mains hier l'avancée que représente selon eux le traité de Lisbonne. Non seulement ils n'y trouvent rien à redire, mais en plus il est le fait de leur grand homme, Nicolas Sarkozy, qui a fait ce qu'il avait dit qu'il ferait, à savoir, mener rondement l'affaire avec nos partenaires européens, aussi bien qu'avec les élus. Les ouistes de gauche bien sûr, ont été plus contorsionnistes. L'abstention, à Versailles pour protester contre la procédure, mais le vote oui dans quelques jours au traité. Enfin, les communistes, les seuls à être sur le non depuis le début, ont appuyé là où ça fait mal..."C'est le moment de montrer de quoi vous êtes capables", lançait le communiste Alain Bocquet à ses collègues socialistes, "opposez vous tout de suite et maintenant, et vous faites basculer l'histoire"...Le "Hinc et Nunc" mitterrandien n'a pas suffi à les convaincre... Alors voilà, c'est fini, ou presque. Fini? oui. Avec un goût amer en bouche. Hier à Versailles certains ont dénoncé "l'imposture, la forfaiture populaire, le déni démocratique" de ce Congrès. Car ce que le peuple a défait...et bien les élus l'ont retricoté. Le vote de près de 55% des Français en mai 2005 a été effacé par le "oui" de leurs parlementaires. Constitutionnellement, rien à redire, la souveraineté populaire s'exprime aussi bien directement par le peuple que par ses représentants... Mais quand même, hier, de la gêne aux entournures... Les nonistes affirmaient, citation de Valéry Giscard d'Estaing à l'appui, que le nouveau traité était à 98% le même que celui d'hier "les mêmes outils, dans un ordre différent"... et qu'à ce titre, c'était donc la parole du peuple qui était confisquée, puisqu'on lui "refourguait" en quelque sorte un produit dont il n'avait pas voulu. Les défenseurs de Lisbonne, tentaient eux de démontrer à l'inverse, qu'ils avaient ôté du texte tout ce qu'avaient rejeté les français, la notion de constitution, la perte de pouvoir des parlements nationaux ou l'acceptation d'une libre concurrence sans garde fous. Bref que leur NON avait été entendu..Mais alors pourquoi dans ce cas là, ne pas soumettre à nouveau ce texte relifté au peuple afin qu'il se prononce? Efficacité...rétorquent les partisans du traité de Lisbonne...Sortir de l'enlisement institutionnel européen...Argument imparable, pas question du coup de prendre le moindre risque d'un nouveau blocage... Alors si l'on regrette ce tour de passe-passe populaire, qui en est responsable? Nos institutions sans doute, qui instaurent le primat présidentiel sur tout et en tout et n'obligent en aucune manière le chef de l'état à re passer devant le peuple pour faire adopter ce qu'il a une fois rejeté. Les contorsionnistes en tout genre aussi, qui auraient pu opter pour un vote qui marquait leur ardente volonté de s'en remettre au peuple Certains nonistes enfin, étrangement bien plus silencieux qu'il y a deux ans. Il faut dire qu'il n'y a pas de présidentielle derrière. Donc sans doute pas grand chose à gagner à se distinguer dans ce combat là. Celui du respect de la parole populaire.

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