Ce matin votre grande enquête pour savoir ce qu’est le macronisme vous mène en Corse !

Oui, la Corse nous donnera sans doute l’occasion, cette semaine, de cerner un peu mieux l’objet, parce que le président va devoir préciser son degré de jacobinisme et de girondinisme. Il s’affirme girondin, c’est-à-dire plutôt décentralisateur, faisant confiance aux territoires mais, dans la pratique du pouvoir, il est, jusqu’ici,  toute en verticalité jacobine. C’est dans son bureau que tout se décide. Emmanuel Macron doit donc se rendre demain et mercredi en Corse. Et en prévision de cette visite, les 6 élus En marche de la nouvelle assemblée Corse ont apporté leur soutien à la résolution votée par la majorité nationaliste. Les élus Corse y demandent que l’autonomie de l’ile, la reconnaissance d’un statut à part, soient inscrits dans la constitution, comme par exemple pour la Nouvelle Calédonie. Cette demande, les élus LREM Corse (qui doivent, comme tous les Macroniens, inventer le macronisme en marchant) se sont crus autorisés à la voter, ayant sans doute encore à l’oreille cet extrait du discours de leur héros à Furiani pendant la campagne : je cite : « cette collectivité (la Corse, donc) sera d’abord ce que les Corses choisiront d’en faire». D’ailleurs Jacqueline Gourault, la ministre chargée des territoires, dit ne pas fermer la porte à la reconnaissance explicite de la spécificité Corse dans la constitution… mais hier, Christophe Castaner, le chef de LREM, s’est désolidarisé de ses camarades corses en expliquant que leur position n’était pas celle du président. On ne sait pas qui, de Jacqueline Gourault, Christophe Castaner ou des macroniens corses, détient le vrai morceau de la vraie croix. Sur beaucoup de sujets –tant qu’Emmanuel Macron n’a rien dit- nous en sommes donc réduit à nous demander si, en définitive, la vérité du chef est bien établie. Ce que l’on sait, c’est que le président veut, dans sa réforme des institutions, en finir avec l’uniformité territoriale des collectivités locales et laisser aux villes, départements et régions, le soin, s’ils le souhaitent, de fusionner et de modifier (dans certaines limites bien sûr) leurs contours. Dans ces conditions, on ne voit pas pourquoi la constitution devrait comporter un alinéa spécifique sur la Corse… 

Ça donne un peu une impression de tâtonnement

C’est-à-dire qu’arrivé au pouvoir à la hussarde, Emmanuel Macron n’a pas vraiment eu le temps, avec un parti qui n’existait pas, d’établir une doctrine sur tout. On cherche ce que peut bien être le « Enmarchisme »… et dans une certaine mesure lui aussi… Il essaie quand même d’aller un peu plus vite que les événements! D’ordinaire, des partis établis, héritiers de lignées politiques, d’une longue histoire avec des chefs qui apportent leur personnalités, gouvernent, chacun leur tour. On savait alors à quoi s’en tenir. Les solutions découlaient de compromis, de luttes, de théories, d’écoles de pensées, d’aventures collectives, de programmes établis au cours de longues années d’opposition. Là, rien de tout ça : juste un homme avec un positionnement politique aussi large que vague. Une cohérence va – il faut l’espérer - se mettre en place par petites touches, en gouvernant. Pour l’instant, on n’y est pas. La Corse est une étape.

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