Le début d’année, c’est le moment des bonnes résolutions. Que peut-on souhaiter à ceux qui nous gouvernent ? On le sait, le Président lui-même nous l’a annoncé, l’année 2009 sera terrible ! Plus que jamais le Président de la République devrait apparaître comme le Président de tous les Français. C’est la logique des institutions et c’est la nécessité du moment. Il se trouve que le Président n’est pas le chancelier allemand ou le premier ministre anglais. C'est-à-dire qu’il n’est pas responsable devant le parlement, il n’est pas l’émanation de sa majorité, il est élu par le peuple français et doit donc avoir une attitude quotidienne (et pas seulement au moment des vœux ou à l’extérieur) qui montre qu’il est désormais au-dessus des partis. Chacun sait de quel côté il se situe, chacun connaît le programme sur lequel il a été élu. Il n’est pas question de lui demander d’être un Président sans ligne politique mais, dans la conduite au jour le jour, des affaires de la France, il ne devrait pas apparaître comme le chef de l’UMP. Or, on a eu l’impression, en 2008, que c’était à l’Elysée que se décidait le caractère d’imprimerie pour le papier à entête de l’UMP. On s’est aperçu dernièrement que le Président lui-même composait les listes des prochaines élections européennes, qu’il décidait à sa convenance de qui occuperait le moindre poste de direction à la tête de ce qui devrait être son ancien parti ! On peut décemment réclamer que par temps de crise, l’Elysée et le Président n’usent pas une minute de son temps à la machinerie d’un parti politique. Tous les Présidents se sont intéressés de près à leur majorité, mais pas à ce point. Les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy n’auraient pas réuni les seuls parlementaires de la majorité à l’Elysée pour élaborer des stratégies partisanes. Et puis s’il est vrai que François Mitterrand tentait de contrôler le PS (pas toujours avec bonheur comme on l’a vu au congrès de Rennes en 90) ou Jacques Chirac le RPR, Nicolas Sarkozy le dénonçait et nous avait promis la rupture dans ce domaine. Toujours est–il que le risque est grand de voir le Président affaibli par des échecs électoraux. Il s’agit de l’autorité du Président de la République et dans les temps troublés qui s’annoncent, un pays comme le notre, centralisé, avec un pouvoir élyséen fort ; il ne vaut mieux pas que le Président soit dévalué. S’il s’investit trop dans la vie de l’UMP, si les européennes sont mauvaises pour la majorité, par exemple, il ne faudrait pas que le Président soit trop atteint. Le problème c’est que Nicolas Sarkozy est ainsi fait, qu’il ne croit pas envisageable un seul instant que l’UMP puisse faire un bon score sans qu’il en soit le grand architecte ! Donc, une bonne résolution que nous lui conseillons : Maintenant que vous y avez placé des hommes de confiance en vue de 2012, oubliez un peu l’UMP. Vous n’en êtes plus le Président, vous avez un job beaucoup plus intéressant : Président de la France, une tâche un peu plus exaltante que de savoir dans quel bureau de l’UMP, Brice Horteufeux et Xavier Bertrand doivent s’installer. Autres bonnes résolutions pour 2009 ? En ce qui concerne mes commentaires sur ceux qui nous gouvernent : je prends la résolution d’arrêter de considérer un débat interne à la majorité comme la preuve d’une division coupable. Il se trouve que la crise financière est venue ébranler les certitudes, il se trouve qu’elle impose des solutions inédites. Au moment où le parlement s’apprête à jouer un rôle plus important grâce à la réforme des institutions et à une certaine forme d’indépendance manifestée par de nombreux députés et sénateurs, il serait mal venu de leur reprocher ce débat. Il va y avoir des controverses sur la façon d’affronter la crise. On en a eu un exemple, juste avant les fêtes, avec le débat sur le travail du dimanche : et titrer simplement « la droite divisée » équivaudrait à nier le travail des parlementaires à qui on ne va quand même pas reprocher d’avoir enfin déchaussé les godillots !

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