D’un point de vue médiatique, l’affaire DSK écrase tout.Mais la vie politique continue.

Figurez-vous qu’il y a encore une vie politique derrière, malgré l’affaire DSK, et dans cette ombre médiatique, finalement les principaux partis s’organisent pour l’élection présidentielle avec une configuration symétrique des deux côtés de l’échiquier politique. Je vous propose une petite revue d’effectif avant les vacances : Au centre du centre, François Bayrou est toujours là, imperturbable, il est en passe de contester le record de longévité présidentielle d’Arlette Laguiller. Et de chaque coté, c'est-à-dire à gauche et à droite, trois gros blocs. A gauche de la gauche, le bloc mélenchono-communiste maintenant bien organisé, avec un appareil structuré autour du PC, une voix forte portée par une personnalité talentueuse : Jean-Luc Mélenchon, tribun gaullien à l’ancienne, il a fait un tabac mercredi soir au pied du métro Jaurès à Paris. Ce bloc peut capter une bonne partie de la colère sociale née de la crise et de la contestation du capitalisme. Il peut retrouver de la vigueur si DSK retrouve, lui de l’influence sur le PS dans les prochains mois. Deuxième bloc, justement le bloc socialiste, le plus puissant, celui dont sera issue le prochain président, si la gauche gagne. Si les socialistes évitent de faire des primaires une foire d’empoigne et un carambolage des égos. Le candidat issu de ce mode de désignation sera sur des rails solides pour mai 2012. Troisième bloc à gauche : les écologistes, là encore avec des primaires en cours. Si le perdant se rallie et soutient la gagnante (ou la perdante, le gagnant…) sans amertume et avec un minimum d’effusion pas trop feinte, alors le dispositif de la gauche sera bien en place pour aborder la campagne.

A droite, c’est pareil : trois blocs.

Avec d’abord le FN, en ordre de bataille. Là aussi, une forte personnalité tente de rénover un discours porté par la crise. Marine Le Pen peaufine son dispositif partisan se séparant méthodiquement des derniers vrais fachos sans complexe qui salissent la jolie devanture fraichement repeinte de l’établissement dont elle vient d’hériter. Au cœur de la droite, le deuxième bloc, le principal : l’UMP. L’UMP a son candidat mais la machine est minée par l’impopularité persistante du président-candidat et par les divisions naissantes en vue du contrôle de l’après Sarkozy. Comme si le parti majoritaire anticipait déjà l’éventualité d’une défaite. Exemple : Jean-François Copé, en en faisant des tonnes contre la primaire socialiste a renforcé sa position au sein du cœur électoral de l’UMP mais il n’a pas forcément servi la cause du candidat Sarkozy… autre exemple, le culot avec lequel François Baroin a exigé Bercy sous peine de rejoindre Jean-Louis Borloo, prouve que, pour la génération montante, à l’UMP nous sommes déjà en juin 2012. Au centre-droit, le troisième bloc émerge du brouillard centriste. Mais les amis de Jean-Louis Borloo s’organisent, se structurent. Le patron du parti Radical veut se présenter. Il fait tout pour. Mais comme il est centriste, sa méthode de petits pas ressemble à de l’hésitation, sa patience est vue comme de l’indécision. Le problème de ces trois blocs, par rapport à ceux de la gauche c’est que l’un d’eux (le FN) se situe dans l’opposition et qu’un autre bloc (le centre droit) voit sa légitimité contestée par l’UMP. Les trois blocs de gauche, bien que très différents, se disent, eux, prêts à gouverner ensemble. On retrouvera cette construction, à peu près identique en septembre mais pour l’été, rassurez-vous, le spectacle est assuré : l’affaire DSK ne s’arrête jamais.

Thomas Legrand

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