Ce matin, point d’étape de la recomposition politique.

Recomposition en cours dans toute l’Europe avec la confirmation, au fil des scrutins, de la pertinence de ce clivage nouveau qui oppose d’un côté les centres droits et gauches, libéraux et européens, et de l’autre les souveraino-populistes, là encore, de gauche ou de droite. Pour ce qui est de la France, deux mini événements telluriques viennent de se produire, de ceux qui font à peine bouger les aiguilles de mesure de la tectonique des plaques politiques, mais qui disent des choses : le FN (pardon le RN) a demandé (pour l’instant en vain) une alliance au parti de Nicolas Dupont-Aignan en vue des Européennes. Deuxième micro événement révélateur : la déclaration de Christophe Castaner, le patron de LREM, selon laquelle, pour les prochaines municipales 2020, son parti ne s’interdirait pas de soutenir des candidats LR ou PS macrono-compatibles. J’ajouterais une autre déclaration qui souligne ces mouvements souterrains du paysage politique : la semaine dernière, JL.Mélenchon, dans Libération,  prenait ses distances avec l’idée même de la gauche, considérant bizarrement que François Hollande avait dévalué ce concept… comme si, à lui tout seul, le prédécesseur d’Emmanuel Macron avait pu détruire ce courant politique bicentenaire ! JL.Mélenchon en appelle au peuple contre la caste, faisant avec la gauche le chemin que Marine Le Pen avait fait avec la droite.

Partout en Europe ce sont plutôt les nationaux, les souverainistes, qui l’emportent.

Partout sauf en France et en Allemagne, peut-être parce que nos modèles sociaux sont, depuis longtemps, beaucoup moins libéraux, que l’Etat en France, les landers et les syndicats en Allemagne, pèsent beaucoup plus sur l’organisation de la société que dans le reste de l’Europe. Singulièrement qu’en Europe de l’Est, où du coup les tenants d’une ligne que l’on dit « illibérale » progressent partout ! En France, le facteur notable qui freine (pour combien de temps ?) la progression des souveraino-populistes, c’est que les libéraux de droite et de gauche arrivent à s’unir autour de LREM et avec aussi une partie des sphères modérées du PS et de LR, alors que les souveraino-populistes de gauche (LFI) et de droite (RN) ne sont pas compatibles. Il ne peuvent pas unir leur souverainisme. Pour l’instant du moins et tant que ce sont ces dirigeants qui président leurs mouvements. C’est vrai, LFI ne fait pas de l’aide aux migrants un affichage très voyant, c’est vrai, le FN développe un discours social mais un mur idéologique et historique pour l’instant hermétique sépare ces deux souvenainismes. D’ailleurs, ces souverainismes divisés, finalement, font plus de bruit qu’ils ne pèsent sur la société. Ainsi, même si les Français sont inquiets de ce qu’ils pensent être une vague migratoire, il y a toujours plus de volontaires dans les associations d’aide aux migrants que parmi les identitaires activistes. Et de l’autre côté, il y a toujours plus de Français pour soutenir les réformes d’inspiration libérale  d’Emmanuel Macron que pour soutenir leur contestation par LFI ou la CGT. La France et l’Allemagne restent, pour des raisons différentes, le pôle de résistance du modèle européen.

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