Débat chez les écologistes après leur succès électoral.

La défaite plonge dans d’âpres débats (confère LR et LFI)... Mais –problèmes de riches-  la victoire aussi ! Que faire de la dynamique octroyée par le vote ? Chez les écologistes, il y a 2 lignes. Quand tout va bien, l’affrontement est plus amical, de l’ordre de la réflexion commune. Avant ces élections, Jadot, contre l’avis d’une partie de son entourage, assumait de mener une liste uniquement écologiste. Il ne voulait pas prendre la responsabilité (ayant gagné la bataille des idées à gauche) d’être l’artisan de la renaissance de ce camp, en le rassemblant, comme le lui suggérait, par exemple, Raphaël Glucksmann. Une liste écolo de toute la gauche comprise entre LREM et LFI n’aurait-elle pas pu approcher les 20% ? Peut-être parlerions aujourd’hui d’un ‘triopole’ au lieu du ‘duopole’. Personne ne le saura jamais parce qu’en politique, il ne suffit pas de mettre un signe + entre deux candidats pour obtenir une addition ! C’est l’histoire de l’alliance perdante Jadot/Hamon en 2017. Toujours est-il qu’avec 13.5%, la nouvelle vedette écolo a planté son drapeau ! Mais aujourd’hui, le même genre de débat agite les verts.

Doivent-ils s’atteler à reconstruire la gauche ou s’affirmer en force autonome ?

David Corman, le patron des verts, discret mais influent, estime, lui, qu’après un sabordement stratégique d’EELV, un grand mouvement –peut-être une fédération- doit naitre, qui irait de certains éléments de LFI au PS. Cormand exclut LREM car il veut installer son mouvement, et son candidat naturel, dans une optique d’alternative au macronisme. Le but, c’est d’être qualifié au 2nd tour en 2022. Et, comme chacun sait, la logique de présidentielle pousse plus à l’affrontement qu’au compromis. On se pose en s’opposant. Tant pis si Emmanuel Macron s’écologise doucement, il faut s’opposer sans relâche. Yannick Jadot, lui, est sur une ligne moins abrupte. Vous l’avez entendu ici, il y a deux jours, il ne s’affirme même pas dans l’opposition. Peut-on représenter une alternative sans s’opposer frontalement ? C’est le dilemme pour toutes les oppositions à une majorité centriste et centrale ! Mais la question n’est pas simplement celle des rapports de force. Il y a aussi le rapport aux Français. Une bonne partie d’entre eux sont en transition écologique dans leur tête... Il faut les accompagner sans les brusquer mais sans non plus renoncer à la radicalité du programme. Ne pas différencier, ‘l’écolo depuis une heure de l’écolo depuis 40 ans’ disait aussi Jadot. Evolution spectaculaire de son état d’esprit par rapport à sa position assez sectaire, vis-à-vis, par exemple, du Nicolas Hulot ministre. Enfin, il y a une exigence de cohérence. EELV va, aux municipales, devoir former des alliances protéiformes, parfois avec le centre-doit (ou des macronistes) pour faire avancer l’écologie locale. Et en Allemagne, les écologistes (qui siègent à Strasbourg avec les verts français) vont sans doute gouverner avec la CDU ! Tout plaide donc plutôt pour la stratégie d’autonomie, de désarrimage organisationnel de la gauche. C’est d’ailleurs (ça n’a pas échappé à Yannick Jadot) ce qui avait fait le succès en 2017 de JL.Mélenchon et  Emmanuel Macron…

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.