La campagne… Ouf, c’est fini !

Oui ! Une grande lassitude ! C’est une impression largement partagée même si cette campagne a passionné, si les émissions radio et télé, les débats (sauf le dernier relativement), ont été bien suivis, si les salles de meeting ont été garnies. Le débat de mercredi (très révélateur) a résumé au fond ce que fut la campagne depuis les primaires. Invectives, caricatures, fake news ces derniers jours, insinuations, vrais scandales aussi avec les affaires Fillon… et à la fin, cette impression qu’aucun des sujets abordés n’a pu être traité sereinement, arguments contre arguments. Marine le Pen est largement responsable de cette pollution politique, de ce brouillage de la pensée, mais du coup Emmanuel Macron devrait accéder à l’Elysée sans avoir été confronté à un véritable débat. Ses propositions (qu’on les trouve pertinentes ou non) auront été choisies par défaut, n’auront pas été soumises à une contradiction argumentée, tant sur leur faisabilité que sur la nature de la société qu’elles dessinent. Emmanuel Macron représente une aspiration véritable (notamment de renouvellement) puisque, même par défaut, il aura réuni le plus de monde sur son nom au 1er tour. Mais il eut été plus sain que le macronnisme soit passé, pendant ces longs mois pénibles, à la moulinette du débat démocratique de fond. Ça aurait même été nécessaire pour lui, s’il devait être élu. On aurait aimé, comme le disait Dominique Seux hier, assister à un face à face entre Emmanuel Macron et JL.Mélenchon ou François Fillon. Ça n’aurait sans doute rien changé à l’issue du scrutin mais on aurait au moins eu le sentiment d’être face à de vrais choix politiques et non pas un choix final trop écrasant, un choix décrété par les candidats eux-mêmes de civilisation ! Une civilisation se construit sur des siècles, elle ne se tranche pas par une élection.

Pourtant le débat politique a fonctionné pendant les primaires !

Oui, les candidats passés par les primaires ont vu leurs programmes désossés, décortiqués, passés au scanner. Hamon et Fillon sont arrivés nus mais vrais dans l’arène. Ni Mélenchon, ni Le Pen, ni Macron n’ont eu autant à préciser leur programme, leur financement, leurs conséquences. Mélenchon, Le Pen et Macron ont pu bénéficier (tant les débats à 11 ont été superficiels et spectaculaires) d’une sorte de long monologue très sécurisé pendant ces mois de campagne. Ce sera à Emmanuel Macron, probable vainqueur, de prouver que le renouvellement qu’il propose n’est pas simplement celui des visages mais aussi celui des usages. Sa proposition peut nous faire passer de la culture de l’affrontement à celle du compromis…et donc enfin de l’efficacité ! Nous n’en sommes pas là, pour l’instant, nombre d’électeurs, socialistes, insoumis, frontistes, de droite ressentent une profonde frustration démocratique. Mais la longue séquence politique n’est pas terminée. Les législatives arrivent… gageons que l’épuisement général ne nous détourne pas de l’essentiel et qu’enfin le pays puisse parler des solutions, les évaluer, les soupeser et fournir une majorité, quelle qu’elle soit (peut-être de compromis donc), mais issue d’un vrai débat…

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