**Cette élection de Barack Obama était attendue par la France et les Français, plus généralement par l’Europe, et même par le monde !Il y a ce matin sans doute, dans la plupart des capitales européennes, en Afrique, dans les pays du sud, un peu partout dans le monde, une sorte de soulagement. On a envie de dire aux Américains : « Welcome back in the real world » ! Parce que - pour ce qui est de l’Europe - maintenant, quand les dirigeants du vieux continent s’entretiendront avec Barack Obama, il y aura une connivence d’allié et un sentiment que l’on parle bien des mêmes chose, sentiment qui –il faut bien le dire- avait un peu disparu. Alors attention, les dirigeants français et européens savent bien que le nouveau Président a été élu par les Américains pour, d’abord défendre les intérêts des Américains, mais il se trouve que le candidat qui avait comme slogan « America first » a perdu. Les Européens et les Français particulièrement, ne se font pas d’illusions mais tout de même, le nouveau président est d’accord avec cette idée maintenant mondialement admise, que le principal problème de la planète, c’est le réchauffement climatique et qu’il faut se préparer à une vie sans hydrocarbure. Le nouveau président américain est d’accord pour fermer Guantanamo, pour parler avec l’Iran, le nouveau président est ouvert au multilatéralisme, pour prendre l’avis du reste du monde en considération... Le nouveau président est, finalement, le premier président de la globalisation positive. Il le symbolise d’abord par sa propre identité. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs été très rapide pour adresser ses félicitations à Barack Obama - - ça n’a pas tardé et le communiqué de l’Elysée va bien au-delà des propos de félicitations diplomatiques convenus en pareilles circonstances. Nicolas Sarkozy parle du choix historique d’une –je cite- « Amérique ouverte, solidaire et forte qui montrera à nouveau la voie, avec ses partenaires, par la force de l'exemple et l'adhésion à ses principes. » Ces mots sont forts car ils marquent cette idée de retour de l’Amérique, cette reconnaissance du rôle de leader des Etats-Unis que George Bush et son administration avait détruit dans la gestion calamiteuse de l’après 11 septembre. Le 12 septembre 2001, le journal "Le Monde" titrait « nous sommes tous Américains ». Cette affirmation de solidarité qui reflétait l’état d’esprit de l’Europe d’alors n’avait pas été entendue par l’équipe au pouvoir à Washington à ce moment. L’unilatéralisme, la prise en compte de l’intérêt exclusif des Etats-Unis et cette méconnaissance du monde tel qu’il était devenu, avait distendu les liens entre les Etats-Unis et l’Europe. Alors, c’est vrai, Nicolas Sarkozy s’était un peu précipité, au lendemain de son élection, pour apparaître aux côtés d’un George Bush démonétisé, pour ne pas dire déconsidéré. Mais l’Elysée prenait soin de préciser que ces gestes s’adressaient en fait à l’Amérique plus qu’à un Président sur le départ. Nicolas Sarkozy vient donc de reconnaître à Barack Obama le rôle de leader planétaire. Cela ne veut pas dire que nous seront d’accord sur tout. Les chantiers, les débats, les divergences vont apparaître, et s’exprimer rapidement, mais le visage de l’Amérique et sa nouvelle inclinaison remodèle sérieusement et positivement les rapports internationaux à un moment où chacun prend conscience que les principales questions qui se posent à nous ne trouveront de solution que par des réponses planétaires.**

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