A la veille de l’élection américaine, notre duel à nous,

Copé-Fillon, pour la présidence de l’UMP, va durer encore deux semaines… C’est long.

Ce pourrait être la version hexagonale et lilliputienne du face-à-face Obama/Romney, mais la comparaison s’arrête là. Il n’y a pas de « too close, to call », il est impossible de sonder les trois cents mille électeurs UMP. Pas de « Swing state », c’est tout juste si les barons du parti peuvent influencer le vote localement. Il n’y a même pas l’enjeu d’une primaire, comme celle du PS qui avait propulsé son candidat à la présidentielle. 2017, c’est loin. Et le vainqueur, dans quinze jours, le dimanche 18 novembre, vivra sous la menace permanente d’un hypothétique retour de Nicolas Sarkozy, frais et dispo pour s’offrir sa revanche face à François Hollande, alors que le président de l’UMP se sera d’ici là usé dans la gestion du parti.

Tout a été dit ou presque sur cet affrontement d’héritiers, un peu à bout de souffle, qui concerne un corps électoral minuscule et qui n’intéresse pas vraiment les Français qui ont d’autres soucis depuis la rentrée. Difficile de dire si son issue pèsera réellement sur l’avenir d’une droite républicaine traversée par le doute, comme la gauche, face à la crise.

A quinze jours du vote, chacun fait mine de cibler François Hollande ?

Jean-François Copé, invité hier de Tous Politiques sur France Inter, s’en est pris au chef de l’Etat, pas au niveau à ses yeux. Et a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, après le 18 novembre. Il se voit donc en vainqueur, et futur premier opposant. Discours similaire pour François Fillon, qui a envoyé une lettre aux adhérents de l’UMP, qu’ils vont recevoir aujourd’hui, pour leur dire : « j’entends contester à François Hollande le pouvoir de parler seul pour la France.». Il y a donc un fauteuil pour deux, et la différence se jouera plus+ sur le style que sur le fond.

Le débat à droite, c’est : faut-il manifester dans la rue ?

François Fillon n’est pas d’accord avec cet appel de Jean-François Copé. « Jamais je n’ai cédé aux intimidations de la rue », écrit François Fillon dans sa lettre, pour se démarquer de son rival, qu’il juge trop « droitisé », avec ses pains au chocolat et son racisme anti-blanc, alors que Jean-François Copé, qui revendique une droite décomplexée, estime l’ex-premier ministre trop centriste, trop frileux et tenant d’une droite qui serait à l’inverse « complexée ».

Pour le reste, nos duellistes disent à peu près la même chose. Pas d’accord possible avec le Front National. Pas de proposition révolutionnaire pour relancer la compétitivité des entreprises. Si ce n’est de regretter l’abrogation d’une TVA sociale votée trop tard pour en connaître les effets réels. Les deux prétendants semblent avoir oublié leurs dix années passées au pouvoir et un lourd héritage sans cesse imputé à la crise. La droite républicaine, empêtrée dans une bataille de clans, n’a pas profité de cette campagne interne pour faire son aggiornamento. Et restera sous la double menace du FN et de l’UDI, qui veulent la grignoter, à l’extrême droite et au centre. Une autre bataille qui se poursuivra bien après le 18 novembre.

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