Ce matin Notre Dame des Landes, suite mais pas fin.

Oui, M.Valls envoie un message qui dit que le chantier doit commencer. Entendez bien la subtilité, il n’annonce pas l’arrivée des bulldozers…il «demande – je cite-aux maîtres d’ouvrage de la future plate-forme de mettre en œuvre les démarches qui permettront de démarrer les travaux. » . En fait, il montre les gros bras de l’exécutif mais ne les utilise pas. Il faut dire__ que la ministre de l’Ecologie S.Royal est ministre de l’Ecologie, donc, logiquement, elle est contre un aéroport géant symbole d’un modèle passéiste et énergivore. Deux logiques s’opposent. Seulement, la logique du Premier ministre n’est pas basée sur la conviction que cet aéroport est indispensable pour l’économie du grand Ouest puisqu’à son arrivée à Matignon, il était pour l’abandon de ce projet. M.Valls a surtout la conviction qu’il faut restaurer (ou au moins faire mine de vouloir restaurer) l’autorité de l’Etat sur ce site où elle est bafouée au vu et au su de tous. Mais F.Hollande lui a demandé de ne pas bouger, ni dans un sens ni dans l’autre. Il ne faut braquer ni les écologistes, ni les élus de la région, majoritairement PS et favorables au projet.

Et qui l’ont fait approuver par les Assemblées locales concernées quand même !

Oui, mais aujourd’hui, des groupes organisés et de militants écologistes, soutenus par une partie de la population, vivent sur place et occupent les lieus. A la moindre incursion des forces de l’ordre, ce sont des dizaines de milliers de protestataires qui rappliqueront de toute l’Europe. NDDL est devenu pour M.Valls un abcès de non-droit insupportable. Il va même jusqu’à parler de militants « ultraviolents » concernant les zadistes. C’est un peu exagéré, s’ils sont ultra-violents, alors les bonnet-rouges étaient des djihadistes de DAECH ! Il y a bien quelques anars qui fabriquent des cocktails Molotov, des adeptes de « l’insurrection qui vient » de Julien Coupat, il y a quelques punks à chiens, mais la plupart des militants sur le site sont des écolos, un peu idéalistes, qui font des potagers et tentent d’inventer un mode de vie loin du consumérisme et de l’addiction au carbone. Déloger ces militants par la force, c’est risquer de créer un cycle de violence potentiellement meurtrier, comme à Sivens. On peut toujours, comme le souhaitait F.Hollande et avant lui N.Sarkozy, laisser trainer l’affaire grâce aux recours juridiques inépuisables. Si l’on veut, ça n’en finira jamais. Pourtant, il y aurait une façon de trancher. Il suffirait au Président d’ordonner l’abandon du chantier pour (truc dingue !) mettre en accord ses mots et ses actes. Il se fait, en ce moment, l’ambassadeur, à travers le monde, de la transition écologique pour obtenir un accord en décembre lors de la COP 21. Puisqu’il faut changer de modèle, commençons à NDDL ! Cette solution pourrait même apparaître comme un acte politique courageux et fondateur d’une prise de conscience revendiquée. Mais si M.Valls continue à faire de NDDL une question d’autorité de l’Etat et se braque, l’éventuel abandon du projet apparaitra comme une capitulation. M.Valls est en train de rayer une solution politique qui s’offrait au président…une solution que lui conseillait par exemple Nicolas Hulot. Cette occasion honorable et logique de sortir d’une pitoyable et usante impasse ne se représentera pas de sitôt.

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