Selon vous, Thomas, le Président de la République vient d’être sauvé in extrémiste d’un drôle de virus… ?Oui il s’agit du virus germanopratin. C’est un virus qui prospère uniquement sous le climat particulier du centre de Paris, dans une zone idéologico-géographique qui irait de la rue de Sèvre à la rue de Bièvre, c'est-à-dire de la Germanopratie occidentale à la Germanopratie septentrionale avec au nord la Seine et au sud le Panthéon. C’est un virus qui a une forme de diffusion particulière. On peut l’attraper en fréquentant des germanopratins, des écrivains, des éditeurs, des rockers à textes… En gros, quand on se met à côtoyer Louis Bertignac et Raphaël Enthoven plutôt que Jean-Marie Bigard et Didier Barbelivien si vous voyez ce que je veux dire… L’un des indices qui permet de penser que Nicolas Sarkozy a été frappé de ce mal fut la déclaration, de Fréderic Mitterrand lors de l’arrestation de Roman Polanski. Une déclaration typique, frappée du sceau d’un élitisme tout « germanopratin ». Le Ministre de la Culture avait fait part –vous vous en souvenez- de sa "très profonde émotion", jugeant cette arrestation « absolument épouvantable(…) pour une histoire ancienne » qui, je cite toujours « n'a pas vraiment de sens ». Et Fréderic Mitterrand avait bien pris soin de préciser qu’il avait eu Nicolas Sarkozy au téléphone, le matin même. C’était donc de la vraie position officielle. Et là on se dit que Nicolas Sarkozy se retrouve un peu dans la situation de ces chercheurs qui combattent les virus dangereux en laboratoire et finissent par se faire contaminer à force de les manipuler. Pendant la campagne présidentielle, Sarkozy utilisait ce terme « germanopratin », piqué à Boris Vian mais détourné de son sens premier, pour stigmatiser ces intellectuels que l’on trouve (plus beaucoup d’ailleurs) à Saint-Germain des Prés. Cette « gauche caviar » et pétitionnaire qui « se retrouve au Flore ou aux deux Magots, vit sous des moulures haussmanniennes et a des avis tranchés sur la sécurité en banlieue », « cette gauche qui, par un angélisme coupable, prend toujours le parti de l’agresseur plutôt que celui de la victime ». Voila ce que disait en substance le Sarkozy d’avant. La déclaration de Fréderic Mitterrand colle parfaitement avec la vision de l’horrible germanopratin laxiste et snob. Ayant été ministre de l’Intérieur, ayant été candidat avec une stratégie de pompage des voix de l’extrême droite, Nicolas Sarkozy se devait d’être la figure de proue du bon sens sécuritaire et le plus grand flingueur de la germanopratine attitude ! Il le fut… Mais voilà…la vie, l’amour, les ruptures, les recompositions familiales, Carla Bruni… et puis les stratégies politiques, l’ouverture…Finalement fasciné par cette population qu’il fustigeait, le Président est en pleine germanopratisation de sa personne. Mais il n’est pas condamné, il y a une solution, non ?Oui, et il était temps parce que les militants UMP et sans doute une partie assez large de l’opinion ne pouvait pas comprendre cette défense aussi haut placée d’un homme qui est soupçonné d’avoir violé une jeune fille de 13 ans et a fuit la justice de son pays. Alors l’antiviral est arrivé en fin de semaine dernière avec les révélations sur le meurtre d’une jeune femme par un délinquant sexuel récidiviste. Nicolas Sarkozy a pu exiger de nouvelles mesures contre la récidive. Le débat sur la castration chimique est relancé. Tant pis pour le récent rapport –pourtant commandés par le ministère de la justice- qui montre que 50 à 60% les délinquants sexuels ne voient pas un seul psychiatre pendant toute leur détention. Non, il faut encore de « nouvelles mesures ». Une attitude beaucoup plus conforme a celle qui a toujours fait le succès des anti-germanopratins. Mais attention, le virus est simplement masqué, neutralisé. Tous les facteurs du mal sont encore là… qui ne demandent qu’à se réveiller.

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