La journée de France Inter hier a été une journée particulière où l’on a pu entendre successivement Lionel Jospin et Ségolène Royal. Le débat s’est-il clarifié ? A-t-il vraiment envie d'y aller ? Ou seulement envie de tester ? Ira-t-il jusqu'au bout ? Ou aura-t-il la sagesse de s'arrêter s'il sent qu'il va droit à la suprême humiliation ? Être battu avant même le premier tour de la présidentielle ? Après avoir entendu Lionel Jospin, hier matin ici à France inter, franchement, il reste quelques questions. Ce qui est sûr, c'est qu'il a fait un pas. Un pas décisif pour lui, mais pas forcément un bond pour l'ensemble du parti socialiste. Tout simplement parce qu'on n'a toujours pas compris la ou les raisons essentielles qui justifient son retour. "Je sais, a-t-il avancé comme argument, que je suis capable d'assumer la charge de chef d'état et je suis celui qui a approché de plus près cette fonction". Cette proximité est sans doute nécessaire, mais pas suffisante pour en faire LE candidat. Les partisans de Ségolène Royal restent convaincus que le retour de Lionel Jospin ne s'explique que par son désir de l'empêcher elle, "C'est faible comme alibi pour un homme d'état " susurrent-ils. C'est comme si de Gaulle en 1969 était revenu en disant : "non finalement, la politique de Pompidou, ça ne me va pas !" Alors les amis de Lionel Jospin rêvent de le voir se lâcher sur d'autres terrains, où il ferait vraiment la différence : géo stratégie, Liban, équilibre du monde. Mais c'est peut-être déjà trop tôt ou trop tard reconnaît un autre. Car en réalité la seule question qui vaille maintenant, c'est : Lionel Jospin peut-il en un mois remonter son handicap ? Dans des sondages à paraître en fin de semaine, effectués après La Rochelle, Ségolène Royal caracole toujours en tête ; elle serait autour de 48% quand Lionel Jospin serait à 17. 31 points à remonter, difficile. Au sein du parti non plus, pour l'instant, il n'a pas vraiment fait bouger les lignes. En fait avoue un de ses amis, sa seule chance de passer, c'est que d'autres s'effacent. Des contacts sont noués avec Dominique Strauss Kahn et Jack Lang pour qu'ils se retirent, mais là encore, ça va être difficile. Comment Ségolène Royal a-t-elle pris tout ça ? Hier, toujours sur France Inter, elle n'a pas semblé déstabilisée par l'entrée en lice de son ex premier ministre. L'a-t-elle même cité ? "Parce que je suis devant a-t-elle dit, j'ai une repsonsabilité particulière; je dois rassembler. Mais ça me fait un bon entraînement pour battre la droite" a-t-elle philosophé. Lionel Jospin considéré comme un sparring partner. Il est sportif, mais pas sûr qu'il apprécie ! Hier, pour justifier sa place particulière vis à vis des autres candidats, Lionel Jospin lançait "ils ont tous été mes ministres". Et bien Ségolène Royal lui répond : "aujourd'hui vous êtes tous mes challengers!"

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