Drôle de climat politique en cette rentrée. Il y a comme une ambiance un peu grisâtre en politique en ce moment. On dirait qu’il y a un truc qui cloche, comme s’il n’y avait pas eu les vacances. Le Premier ministre poursuit sa lente érosion et perd encore un point dans le dernier baromètre de la SOFRES publié hier dans « Le Figaro ». Ambiance morose donc et pourtant, il y a quand même de bonnes nouvelles dans cette rentrée : les loyers baissent un peu, comme nombre de prix de matières premières qui entraînent, enfin, une baisse des prix alimentaires. Plus inattendu, le prix du pétrole aussi est à la baisse. Le dollar remonte, on peut espérer un mieux pour les exportations françaises. Les étudiants vont pouvoir, enfin, disposer d’un prêt à taux zéro, le RSA est mis en place alors qu’en juin, Martin Hirsh n’était pas rassuré quant à son avenir puisque les caisses sont vides. Le gouvernement a finalement trouvé un mode de financement qui, en plus, convient plutôt à la gauche. Les perspectives de grèves et d’automne social pourri, que l’on pouvait craindre avant l’été, semblent s’estomper et sur le plan extérieur, Nicolas Sarkozy, mène avec promptitude sa présidence de l’Europe : l’union a apporté une réponse ferme et surtout –c’est nouveau- unie aux Russes dans l’affaire du Caucase. Pourtant, il est question de rentrée politique morose, parce que la communication est pour le moins hasardeuse . Le gouvernement, composé de clans, avec d’un coté, les chouchous du président, le fameux G7 ; de l’autre, les délaissés et les mal notés par le premier ministre. Il y a cette grotesque affaire de la villa corse de Christian Clavier et une impression pénible que le pouvoir conduit toujours aux mêmes abus de pouvoir. L’affaire du tribunal arbitral qui octroie 400 millions à Bernard Tapie est repartie de plus belle alors que le gouvernement espérait que ça passe inaperçu au cœur de l’été puisque cette histoire a été rendue public le vendredi soir qui précédait le week end du 14 juillet ! En terme de communication avec objectif de mise en sourdine, il n’y a guère que la veille de Noël comme équivalent. Hé bien c’est raté ! Tout ça donne une rentée gâchée alors qu’il y avait de bonnes nouvelles à mettre en avant. Mais, il faut avouer quelque chose... Hier, quand le thème de cet édito a été proposé à Hélène Jouan, notre directrice de l’info, elle a répondu "Bof, on pourrait tout aussi bien soutenir le contraire !" Après tout, c’est elle la chef - alors tentative de renversement... on recommence... Drôle de climat politique en cette rentrée (deuxième vision). Alors qu’il a quand même beaucoup de mauvaises nouvelles, ça ne va pas si mal finalement cette rentrée. Il s’en sort bien le président, les socialistes n’ont pas l’air de s’acharner sur l’affaire Tapie, d’ailleurs ils n’ont pas l’air d’être capables de s’acharner sur grand-chose, Rachida Dati est enceinte, enfin un peu d’actualité heureuse. Le président arrive même à grappiller un point dans le dernier baromètre de la SOFRES. On constate encore une fois que c’est un cador en matière de communication parce que quand même, le contexte général aurait dû plomber l’ambiance. Jugez plutôt : sur le plan extérieur, ça sent le bourbier en Afghanistan et malgré la suractivité diplomatique déployée par la France au nom de l’Europe, les Russes n’ont pas l’air de prendre les 27 au sérieux dans l’affaire du Caucase. L’intérêt du RSA commence à être discuté à droite comme à gauche et son financement fait râler une bonne partie de la majorité. C’est un impôt de plus et donc une promesse électorale de plus qui ne sera pas respectée. La hausse du dollar fait craindre pour la facture énergétique française, la rentrée universitaire ne s’est jamais déroulée dans un tel climat de précarité pour les étudiants. Il y a un malaise lattant, diffus dans le pays qui laisse présager une explosion sociale et en plus la bourse chute ! ça se tient aussi non ? Que penser maintenant ? Ce qu’on veut... on se débrouille avec tout ça ! Lundi c’est promis je redeviens catégorique et sans appel !

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