Ce matin, Vous dites qu’il serait utile pour la qualité de la primaire à droite que NKM ait ses parrainages et puisse s’y présenter…

Ce matin, Vous dites qu’il serait utile pour la qualité de la primaire à droite que NKM ait ses parrainages et puisse s’y présenter…

Oui parce que cette primaire, censément ouverte, va désigner le candidat qui a le plus de chance de devenir le prochain président. On est donc en droit de réclamer à LR de proposer un débat le plus large possible. L’idée, c’est quand même que le débat démocratique se déroule sur des sujets variés et fasse appel à la raison, la complexité du monde plus qu’au cerveau reptilien et aux mécanismes de la grégarité partisane. Or, la primaire de la droite part très mal. Elle glisse. On se focalise, comme toujours, sur la compétition, on perd son temps à se demander si les attaques personnelles des uns envers les autres sont dignes ou pas, et l’on en oublie de s’intéresser aux propositions et au fumet idéologique qui se dégage du débat. Or du côté des idées avancées, on perçoit une glissade vers le simplisme incantatoire et autoritariste. Le thème, pratique et émotif de l’autorité, écrase tous les sujets : face à l’impuissance publique, la réponse la plus simple, c’est celle de l’autorité. Le clou ne rentre pas dans la poutre en fer… « tapons plus fort sur le clou ! ». Le problème de l’éducation en France ? C’est le manque d’autorité des maitres : il faut rétablir l’uniforme… Le problème de l’immigration et de la laïcité se règlera en multipliant les interdits. Les problèmes sociaux, le chômage ? Il faut le retour du service militaire et des ordonnances, des referendums plébiscitaires pour imposer les réformes ! Les questions internationales (à part pour Alain Juppé)? Question, là encore, de manque d’autorité, il faut se rapprocher d’un vrai autoritaire qui en a : Vladimir Poutine.

Et en quoi ce constat plaide-t-il pour que Nathalie Kosciusko Morizet participe à la primaire ?

Nous sommes à quelques jours de la date fatidique pour le dépôt des parrainages des candidats à la primaire de la droite. NKM n’a pas encore le nombre requis de signatures de militants et d’élus. Or, cette candidate représente un autre rapport à l’autorité (sans aucun rapport bien sûr au fait que ce soit une femme). Même si parfois, elle aussi est proche de la glissade comme, par exemple, quand elle propose d’interdire le salafisme (comme si on pouvait interdire des idées), mais en règle générale, l’ancienne candidate à la mairie de Paris estime que les problèmes peuvent être résolus par plus d’horizontalité et pas forcément toujours plus d’autorité verticale. Et une bonne partie des électeurs de droite croit plus en l’individu qu’en l’Etat… Mais cette droite-là, ces idées-là, ne sont pas représentées dans le débat des primaires. NKM candidate ne changerait certainement pas grand-chose au degré de la pente sur laquelle est en train de glisser cette primaire… Mais au moins les mots « numérique », « environnement »… bref, des mots qui peuvent avoir un vague rapport avec quelques enjeux d’aujourd’hui, pourraient être prononcés, sans quoi ces deux mois et demi de primaire qui vont être sur médiatisées ne feront que renforcer la déprime ambiante. Déprime qui détourne, chaque jour un peu plus, nombre de Français d’un débat politique qui semble uniquement s’adresser au cœur électoral le plus sûr de LR, c’est-à-dire aux retraités aisés et ayant un peu peur de tout…

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