Vous avez vu la déclaration de candidature de Cédric Vilani à la mairie de Paris..

Quelle chose étrange ! Un lyrisme habité qui faisait appel à l’âme de Paris, ville de liberté et de création d’art et d’histoire. Valini a cité pêle-mêle Gambetta proclamant la République, Kiki de Monparnasse, Baudelaire, Renaud, Montaigne, Rol-Tanguy. Sa lavallière, l’araignée à son revers, un grand col dur façon 18ème (siècle, pas arrondissement), son discours sur la nécessaire modernité, le plaçait hors du temps. Des mimiques, des gestes, le ton de sa voix... parfois perchée, rien n’était dans les canons de la politique. Faut-il succomber à ce charme étrange ou s’en effrayer ? Est-ce de l’audace maitrisée ou de la gaucherie ? C’est à la fois foutraque et politiquement millimétré. Et l’on se dit que sa personne, sa posture, l’image totalement hors cadre peut être l’occasion d’un vote dégagiste chic. Mais le charme bizarroïde peut aussi désorienter, faire fuir ! Après tout, Paris c’est une âme mais c’est aussi des sujets triviaux, des histoires de poubelles, de circulation, de trottoirs, de places de parking ou en crèche. Paris pour les Parisiens, ce n’est pas simplement la ville Lumières, capitale de tout, mais du bruit, de la saleté, des transports polluants et peu fluides, des trottinettes en vrac, des sdf, des loyers délirants... et en observant ce génie des maths, on peut se demander : est-il le professeur Tournesol ? La campagne, tragiquement concrète, dira vite à qui nous avons à faire.

Et quel est son pédigrée politique ?

Ce que l’on a entendu hier est clairement écologiste... Seulement, encore une fois, le discours était théorique et lyrique... L’identité politique reste évanescente... elle se clarifiera peut-être quand il s’agira d’égrainer des solutions concrètes... En défiant des règles de LREM, Vilani est-il toujours macroniste ? Le président ne lui a pas explicitement demandé de ne pas se présenter, et visiblement, il ne sera pas sanctionné ! Finalement, quoi de plus macronien que de se présenter hors parti, hors système ? C’est la grande limite de l’aventure politique macronienne ! N’ayant pas, en deux ans, réussi à se donner un contenu idéologique assez fort, une identité assez claire... c’est le processus politique qui l’emporte et qui définit le macronisme. Et quel est-il ce processus pour la conquête du pouvoir, au moins ? Un personnalisme, une transgression, une dissidence. Dès lors, à Lyon, à Sens, à Bordeaux, à la Baule et dans bien d’autres villes, des candidats En marche, qui n’auront pas été désignés par les instances du parti, se présentent et font du Macron local. Vilani et tous les dissidents macronistes ne sont pas des traites… ils se donnent le droit d’incarner le renouveau du renouveau… une sorte de mise en abîme du macronisme, dont on perçoit la logique autodestructrice pour chaque élection locale à venir ! Emmanuel Macron a conquis la tête du pays sans aucune assise territoriale, et avec une base idéologique meuble... Il en va pour un parti comme pour une maison... c’est plus dur de construire l’édifice en commençant par le toit... que par les fondations.

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