Le G20 et le sommet de l'OTAN sont aussi des événements pour la politique intérieure, ou pour la communication intérieure. Il s'agissait d'une « séquence » utile comme disent les communicants politiques. Utile à la re-présidentialisation de l'image de Nicolas Sarkozy après une période difficile. Le Président avait, avant cette fin de semaine très diplomatique, dû tenter d'endiguer l'érosion de son image, en s'appuyant sur son socle électoral, sa base traditionnelle. Il avait donc prononcé un discours, presque de clivage à Saint-Quentin, dans le fief du parton de l'UMP, devant des militants UMP. Il apparaissait volontairement en chef de la majorité pour ressouder ses troupes, mais l'effet pervers inévitable c'est qu'il se montrait sous un jour plus agressif, replié sur son camp. Après la séquence de reconquête de la base électorale, après donc un couplet sécuritaire sur les bandes violentes et un rappel des valeurs de travail, d'effort, sur lesquelles il a été élu, les 4 jours de Londres et Strasbourg arrivaient à point nommé. Le Président et ses stratèges en communication, qui sont dans son premier cercle, au moins aussi influents que ses conseillers diplomatiques ou économiques, passent allègrement d'une séquence à l'autre. La séquence Londres-Strasbourg avait commencé par ce que les observateurs considéraient comme une bourde particulièrement déplacée. Nicolas Sarkozy, jouant les gros bras, menaçait de quitter les négociations si rien ne se passait. A posteriori, cette attitude bravache apparaît bien outrancière, tant on a pu voir à Londres un concert inédit de chefs d'Etat tirant tous dans le même sens et tous très contents de leur rencontre. Mauvais départ aux yeux des observateurs que nous sommes mais excellent départ, en fait, du point de vue des communicants, des stratèges d'un nouveau populisme. Le coup de gueule de Nicolas Sarkozy avait tranché avec le brouhaha poli et diplomatique qui sied habituellement dans le concert des nations. Et à Strasbourg, il y a eu la rencontre des couples Obama et Sarkozy. Là encore, bonne séquence en matière de communication. Toujours dans cette optique de re-présidentialisation, ce qu'il fallait, c'était de la photo rassurante pour le statu (et la statue) du président français. Il fallait donc que l'éclat du charisme de Barack Obama descendant sur la France dans un rai de lumières sacré, rejaillisse un peu sur Nicolas Sarkozy. A ceux qui se demandent ce que la France obtient en échange de sa réintégration dans le commandement intégré de l'Otan, voilà un début de réponse. La France, on verra, mais Nicolas Sarkozy obtient cette phrase cadeau de la part du Président américain « merci pour votre leadership ». La reconnaissance du Leadership pour le président Français, en matière de re-présidentialisation, d'un point de vue de communicant-publicitaire-sondeurs : ça vaut toutes les panoplies complètes du Général de Gaulle en grand uniforme ! Dans le domaine du contrôle efficace de l'image, rien n'était laissé au hasard. Le moment qui fournira les Unes de toute la presse nationale et de province fut, bien sûr, l'accueil du couple Obama par le couple Sarkozy devant le palais des Rohan à Strasbourg. Après accolades et embrassades, Nicolas Sarkozy dirige le président américain vers la foule pour une séance de serrage de mains à deux. De bien belles images de peuple. Hé bien ce peuple était en réalité composé de 600 militants UMP amenés là en bus, dans cette zone rouge hyper sécurisée et infranchissable au commun des mortels non encartés. Et oui, Parfois la com'du XXIème siècle n'a rien à envier aux bonnes vieilles méthodes de la propagande du XXème !

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