**Vous avez suivi hier le débat de l’UMP sur la laïcité... Alors ?Alors rien ! Figurez-vous qu’il n’avait absolument rien de scandaleux pour la simple et bonne raison qu’il s’y est surtout gentiment enfoncé des portes ouvertes. On aurait dit un débat de scouts francs-maçons : La laïcité c’est bien, les extrémismes c’est mal. L’UMP est un parti tout ce qu’il y a de plus républicain attaché à la laïcité…et hier ça s’entendait. Alors, pourquoi en est-on arrivé à ce niveau de défiance qui a conduit toute l’opposition, la plupart des autorités religieuses, les centristes, le Premier ministre, une grande partie du gouvernement à critiquer ce débat sur comment bien enfiler les perles laïques ? Tout simplement parce que la sincérité de ce débat était douteuse. Malgré tous les efforts manifestés ces derniers jours par Jean-François Copé pour le banaliser, pour nous convaincre qu’il ne s’agissait pas de stigmatiser les musulmans, on n’y croyait pas parce que parallèlement, Claude Guéant dérapait, laissant entendre une musique, au mieux ambiguë, au pire scandaleuse. Dernière en date : « L'accroissement du nombre de musulmans et un certain nombre de comportements posent problème ». Une phrase insensée dans la bouche du ministre des cultes. Elle est d’autant plus interprétée comme une forme de stigmatisation que la stratégie de droitisation du discours est actée par Nicolas Sarkozy. Claude Guéant devient un problème pour la majorité…Oui et ce qui rend difficilement acceptable les traces noires de dérapage de Claude Guéant, c’est que le ministre chargé des cultes est aussi celui qui est chargé de la sécurité, qui est aussi celui qui est chargé de l’immigration. L’amalgame entre religion, nationalité, sécurité se fait de façon institutionnelle. Il y a peu de temps, tout ça était même lié à l’identité nationale… c’est un maelström invraisemblable qui pollue tout propos sur le sujet de l’islam ou de la laïcité tenus par l’UMP. Il n’y a rien à reprocher, objectivement aux 26 propositions développées par Jean-François Copé au regard de la lettre et de l’esprit des règles de la laïcité. Ce n’est qu’une série de rappels de la loi qu’il faut respecter. Mais, au fait, quel est vraiment le niveau du problème qui a conduit à tout ce barouf ? Voici les chiffres de la violation insupportable de la laïcité. Ils datent de février 2011 (je les tiens de bonnes sources, proches du ministère de l’intérieur). Vous allez voir ça va vous rappeler le fameux drame du hachis Parmentier de Longjumeau, cher à Nathalie Kosciusko-Morizet : Cinq piscines ont aménagé des horaires séparés hommes/femmes. Dix portions de rue dont quatre à Paris, une à Marseille et une à Nice sont utilisées dans toute la France pour des prières. Malgré quelques demandes, aucun repas hallal n’est servi dans les cantines publiques. Il y a des menus sans porc à la demande de certains musulmans ou juifs qui sont proposés un peu partout dans les cantines françaises. Il y a trente minarets dans tout le pays. Aucun appel à la prière. Il y a en France aucune burqa, environ un millier de niqabs. Cinq hôpitaux ont porté plainte pour des agressions après un refus de se faire soigner par un homme. Dans la plupart des cas de refus, la question est résolue par une médiation rapide. Donc le problème c’est qu’en réalité, il y en a très peu, de vrais problèmes. Fallait-il mobiliser le parti majoritaire, convoquer le banc et l’arrière banc gouvernemental, les évêques, les imams et les grands rabbins pour ça ? A l’évidence, la réponse est plus à chercher dans le domaine de la stratégie électorale que dans celui du respect de l’ordre public. Mais après tout, le ministre des cultes, de l’Intérieur et de l’immigration n’est-il pas chargé aussi des élections… ?**

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